La commune de Tiébélé s’apprête à vibrer au rythme de la 4e édition du Festival Tiébélé Guigana, prévue du 29 au 31 mai 2026. Placé sous le thème « Notre culture comme socle de notre souveraineté nationale », l’événement s’impose comme un rendez-vous majeur de valorisation du patrimoine kasséna-nankana, entre traditions vivantes, expressions artistiques et promotion touristique.

Lors de la conférence de presse de lancement, le président du comité national d’organisation, Abraham Ouessena Abassagué, a insisté sur la portée stratégique de ce festival dans le contexte national. Selon lui, l’initiative dépasse le simple cadre festif : « Notre pays est en quête de souveraineté réelle et non négociable. Nous avons besoin d’un réarmement culturel pour résister aux influences néocoloniales et renforcer notre identité collective », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de la culture comme levier de résilience et de développement.

Dans le même esprit, le coordonnateur du festival, Aboudou Dabo Dabs, a présenté un programme riche et diversifié articulé autour des arts, du sport traditionnel et des activités communautaires. Il a notamment évoqué des compétitions de lutte traditionnelle, de tir à l’arc, une course cycliste féminine, ainsi que des expositions d’artisanat local et des prestations de troupes artistiques. « Cette édition innove avec une forte ouverture aux jeunes, aux scolaires et aux expressions culturelles modernes, tout en restant ancrée dans nos traditions », a-t-il expliqué.

Parmi les grandes innovations annoncées pour cette 4e édition figurent la course cycliste féminine qui donnera le top départ des activités le 29 mai, les projections de films patriotiques autour des idéaux de souveraineté et des actions de développement, ainsi qu’un semi-marathon international reliant Guenon à Tiébélé. Les organisateurs ont également prévu une exposition-vente de livres burkinabè afin de promouvoir la littérature nationale et permettre au public d’acquérir des ouvrages d’auteurs du pays ainsi que des exemplaires du Manifeste de la Révolution Progressiste Populaire (RPP).

Le festival s’ouvrira le 29 mai avec la course cycliste féminine, suivie de compétitions sportives traditionnelles et d’expositions artisanales à l’Espace Piou Tanga. La soirée sera marquée par des projections de films patriotiques et une grande scène artistique. Le 30 mai, les festivités monteront en intensité avec le semi-marathon international, une grande parade guerrière, ainsi que la cérémonie officielle d’ouverture en présence des autorités. Enfin, le 31 mai sera consacré aux finales sportives, à la gastronomie traditionnelle, à des excursions touristiques vers la cour royale de Tiébélé et à la cérémonie de clôture.
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la cour royale de Tiébélé constitue un symbole fort que les organisateurs souhaitent davantage valoriser à travers cet événement. Le festival se veut ainsi un outil de promotion du tourisme culturel et de sensibilisation à la préservation du patrimoine.

Au-delà de l’aspect festif, les organisateurs insistent sur la dimension sociale du festival. Il s’agit de renforcer la cohésion sociale, promouvoir le vivre-ensemble et encourager l’implication des populations locales dans le développement culturel et économique de la région du Nahouri.
Avec cette 4e édition, le Festival Tiébélé Guigana confirme sa vocation : faire de la culture un moteur de fierté, d’unité et de développement, tout en ouvrant une fenêtre sur la richesse exceptionnelle du patrimoine kasséna-nankana.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso



