Photos’OR BF 2026 : la photographie au cœur de la préservation de la Mémoire du Monde

La quatrième édition de la Randonnée photographique du Burkina Faso, Photos’OR BF 2026, s’est poursuivie ce mardi à Ouagadougou. Un panel a été organisé autour de la contribution de la photographie à la préservation et à la valorisation du patrimoine documentaire. Cette rencontre a offert aux participants un éclairage sur le Programme Mémoire du Monde de l’UNESCO et sur les opportunités qu’il représente pour les professionnels de l’image.

La camarade Nébié/Zoma Denise Sidonie, administratrice et gestionnaire culturelle, cheffe de la Division Culture à la Commission nationale burkinabè pour l’UNESCO, représentait à la fois le Comité national Mémoire du Monde et la Commission nationale burkinabè pour l’UNESCO. Elle a exposé les missions de ces deux entités ainsi que les dispositifs mis en œuvre pour la conservation des documents constituant une part essentielle de la mémoire collective.

Créé en 1992 par l’UNESCO, le Programme Mémoire du Monde vise notamment à faciliter la conservation du patrimoine documentaire, son accessibilité et sa diffusion. Ce patrimoine comprend notamment les manuscrits, archives, livres, films et photographies conservés dans les bibliothèques, musées, centres d’archives et autres lieux de conservation.

« La Mémoire du Monde, c’est vraiment une mémoire collective documentée des peuples du monde, qu’on appelle dans un grand chapeau le patrimoine documentaire », a expliqué la camarade Nébié/Zoma Denise Sidonie.

Elle a cependant rappelé qu’une photographie réalisée aujourd’hui ne devient pas automatiquement un élément inscrit au registre Mémoire du Monde. Des critères précis doivent être remplis et des démarches de conservation, de documentation et de valorisation doivent être engagées.

Au Burkina Faso, le Comité national Mémoire du Monde a été mis en place en 2020 à la suite d’un atelier consacré à la préservation du patrimoine documentaire. Depuis lors, plusieurs initiatives ont été développées, notamment des rencontres, des journées portes ouvertes et des actions de sensibilisation destinées à renforcer la connaissance et la protection de ce patrimoine.

La constitution d’un registre national du patrimoine documentaire demeure toutefois l’un des principaux défis. Ce registre doit permettre d’identifier, de documenter et de préserver les éléments susceptibles d’être proposés à une inscription sur les registres régional et international de l’UNESCO.

S’adressant particulièrement aux professionnels de la photographie présents au panel, la représentante de la Commission nationale burkinabè pour l’UNESCO a insisté sur leur contribution attendue dans cette démarche.

« Le patrimoine documentaire, ce n’est pas seulement les manuscrits, ce n’est pas seulement les archives, il y a les films, il y a les photos. Donc, tout ça, aidez-nous à constituer notre registre national », a-t-elle lancé.

Au cours de son intervention, la camarade Nébié/Zoma Denise Sidonie a également évoqué le rôle de Dieudonné T. Ouoba, promoteur de Photos’OR BF, dans le Comité national Mémoire du Monde. Elle a indiqué que ce dernier est membre du bureau exécutif du comité et qu’il y assure la responsabilité de la promotion du programme. Cette implication établit ainsi un lien direct entre les activités de Photos’OR BF et les actions menées en faveur de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine documentaire au Burkina Faso.

La photographie occupe ainsi une place importante dans la sauvegarde de la mémoire. En documentant les événements, les personnes, les pratiques culturelles et les transformations de la société, elle permet de conserver des traces visuelles susceptibles de raconter l’histoire aux générations futures.

« La photographie, c’est un puissant outil de la mémoire collective et individuelle. Une fois qu’elle est prise, si c’est moi, elle est individuelle ; si c’est un événement, elle devient collective. Donc, elle capture et immortalise l’instant », a-t-elle souligné.

À travers ce panel, Photos’OR BF 2026 met en évidence le rôle des photographes dans la préservation du patrimoine burkinabè. Au-delà de la production d’images, ces professionnels peuvent contribuer à documenter, conserver et transmettre une mémoire visuelle appelée à nourrir l’histoire et la culture des générations futures.

✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso

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