Le programme Lafia Game Dev, dédié à l’accompagnement, à la formation et au réseautage dans le domaine du jeu vidéo, a présenté les résultats de sept mois d’activités à l’occasion d’un Open Day organisé ce mercredi 23 septembre 2026 dans la salle de conférence de Shamar Empire, à Ouagadougou. L’initiative entend contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs et de développeurs de jeux vidéo au Burkina Faso.

Le programme est porté par Joy of Living, une SARL de droit burkinabè basée à Ouagadougou, dont Wilfrid J. de Dieu Paré est le gérant. Il bénéficie d’un soutien institutionnel et financier du Faso Films Fonds de l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA), ainsi que de l’accompagnement de plusieurs partenaires techniques et artistiques.

Destiné notamment aux jeunes créateurs de contenus, game designers et développeurs, Lafia Game Dev s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre le jeu vidéo, le cinéma, l’animation, le numérique et les autres secteurs des industries culturelles et créatives. Durant sept mois, les participants ont été accompagnés dans la conception, le développement et la production de projets vidéoludiques.

À l’issue du programme, 11 participants ont été formés à la conception et au développement de jeux vidéo, tandis que trois autres ont bénéficié d’une formation en production et en gestion. Trois prototypes ont été réalisés, dont une adaptation de la série d’animation « Malaïka, Patrimoine culturel d’une Nation ». Une plateforme de formation et de réseautage ainsi qu’un Open Day ont également été mis en place.
Pour Wilfrid J. de Dieu Paré, le développement du jeu vidéo constitue une opportunité pour élargir les perspectives des industries créatives. « Nous nous sommes dit que c’est une opportunité pour nous de pouvoir initier nos activités dans ce sens et de permettre à des jeunes et à tous ceux qui veulent venir voir un jeu vidéo sur la plateforme qui existe. »

La formation a notamment permis aux participants de s’initier au game design, au gameplay, à la programmation et à l’utilisation d’outils comme Unity. Le prototype inspiré de « Malaïka » traduit cette volonté de faire du jeu vidéo un espace à la fois ludique, éducatif et culturel. Un des bénéficiaires résume cette expérience : « On a l’impression de regarder un dessin animé, mais c’est un jeu vidéo. »

L’Open Day a également favorisé les échanges avec des professionnels venus partager leurs expériences. Le Congolais Olivier MASSOUEMA, à travers son studio SAKANA Studio, spécialisé dans le développement de jeux vidéo, a apporté son expérience dans le secteur. Le Burkinabè résidant au Canada Frédéric SOME, fondateur de Baobab Games, studio basé au Canada, a également participé aux échanges autour des possibilités de création, de production et de diffusion du jeu vidéo.

Le secteur audiovisuel était par ailleurs représenté par Yaziid Konaté, ingénieur du son cinéma. Sa présence a contribué à élargir les échanges aux différents métiers de la création et à souligner les passerelles possibles entre cinéma, son, animation, numérique et jeu vidéo.

Pour Mamounata Nikiéma, présidente de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel, la reconnaissance et la structuration des métiers constituent également des enjeux pour le développement du secteur. « Un métier qui n’est pas reconnu, c’est compliqué. » Elle a ainsi encouragé la poursuite de la réflexion sur l’organisation et la reconnaissance des métiers liés au jeu vidéo.

Au-delà de la formation, Lafia Game Dev ambitionne de contribuer à la construction d’un écosystème dans lequel créateurs, techniciens, professionnels de l’audiovisuel, acteurs du numérique et institutions peuvent collaborer. Pour Wilfrid J. de Dieu Paré, cette dynamique repose sur l’engagement collectif : « Nous avons besoin d’un écosystème riche et des gens qui sont engagés. »
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso



