FIRHO 2026 : « Rire sans crédit » pour célébrer dix-neuf ans de fidélité à l’humour

Le samedi 5 septembre 2026, le Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA), à Ouagadougou, a accueilli la 19e édition du Festival international du rire et de l’humour de Ouagadougou (FIRHO). Placée sous le thème « Rire sans crédit », cette édition a offert au public une soirée placée sous le signe du rire, du partage et de la convivialité, tout en célébrant dix-neuf années de présence dans le paysage culturel burkinabè.

Dix-neuf ans après ses premiers pas, le FIRHO poursuit ainsi son aventure. Un parcours qui n’a toujours été évident, selon sa promotrice, Augusta Palenfo. Revenant sur les débuts du festival, elle a évoqué les nombreuses interrogations, les doutes et même les moqueries auxquelles elle avait été confrontée. Certains se demandaient alors combien de temps une telle initiative pourrait tenir et si elle parviendrait réellement à s’inscrire dans la durée.

Pourtant, dès les premières éditions, le public avait répondu présent. Les salles affichaient complet et il arrivait que toutes les places disponibles soient occupées, témoignant de l’engouement suscité par le rendez-vous humoristique. Cette mobilisation populaire a constitué l’un des premiers signes encourageants pour la promotrice et son équipe, malgré les incertitudes qui entouraient alors l’avenir du festival.

Dix-neuf années plus tard, le festival demeure. Pour Augusta Palenfo, cette longévité est avant tout le fruit de la résilience, de la persévérance et de la confiance de ceux qui ont accompagné l’initiative au fil des années. Le soutien des partenaires et la fidélité du public ont également contribué à maintenir le FIRHO sur la scène culturelle.

Avec « Rire sans crédit », le festival a une nouvelle fois fait du rire un moyen de s’évader des difficultés du quotidien. Sur scène, les humoristes ont livré des prestations inspirées de la vie de tous les jours, des relations humaines et des réalités de la société, transformant des situations ordinaires en séquences comiques.

Plusieurs figures de l’humour burkinabè ont répondu présentes, notamment Le Benguiste, Élie le Dur, Ila, Charly Baby, Djo le Rapide et L’Intellectuel Kaboré. La dimension internationale de cette édition a également été marquée par la participation de M. le Ministre, venu du Togo, de Mahamat le Timide, venu du Niger, et d’Agalawal, venu de Côte d’Ivoire.

Parmi les différents passages sur scène, une prestation consacrée à la vie de couple a particulièrement retenu l’attention. L’humoriste s’est appuyée sur des comparaisons avec le football pour évoquer avec dérision les rapports entre hommes et femmes. Dans son approche, la femme a été comparée à un défenseur et l’homme à un attaquant, donnant lieu à une lecture humoristique des réalités du couple.

La soirée a également réuni plusieurs talents issus de la scène humoristique, dont des lauréats du CAMCO, avec notamment Le Benguiste et Élie le Dur. Une présence qui témoigne de la volonté du FIRHO de continuer à offrir une tribune aux artistes et à contribuer à la valorisation de l’humour burkinabè.

Au-delà du divertissement, cette 19e édition a rappelé le rôle que peut jouer l’humour dans la société. À travers le rire, les artistes peuvent aborder des sujets sensibles, questionner certaines réalités et porter un regard décalé sur le quotidien.

La cérémonie a par ailleurs été marquée par une remise de trophées destinée à distinguer des acteurs et des talents de l’univers artistique et humoristique. Cette séquence est venue renforcer la dimension de reconnaissance de la soirée, consacrée aussi bien au rire qu’à celles et ceux qui contribuent à faire vivre cet art.

Après dix-neuf années d’existence, le FIRHO apparaît donc comme une aventure culturelle construite dans le temps, entre défis, persévérance et fidélité à une vision. Des premières salles déjà combles à l’édition 2026, le festival a su conserver l’essentiel : la volonté de rassembler le public autour du rire et de faire de l’humour un véritable espace de partage.

Cette édition placée sous le signe de « Rire sans crédit » aura ainsi permis au public de s’évader, tout en célébrant une initiative qui continue de faire du rire un rendez-vous important de la scène culturelle burkinabè.

Boris Bamah (collaborateur)

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