Aux Ateliers Maaneeré, l’art s’est invité au cœur de l’intime. L’artiste plasticienne et chanteuse Makamssa Yago y a ouvert, ce samedi 5 septembre 2026 à Ouagadougou, son exposition intitulée « Murmures, fragments d’une renaissance intime ». À travers une vingtaine de tableaux, elle propose au public une immersion dans les profondeurs de l’expérience humaine, entre blessures, émotions, transformation, résilience et espoir.

Dès l’ouverture de l’exposition, l’artiste a choisi de surprendre les visiteurs en faisant entendre sa voix avant même de dévoiler pleinement son univers pictural. Elle a interprété une chanson en langue dioula, installant une atmosphère à la fois chaleureuse et chargée d’émotion. Cette prestation traduit également la démarche artistique de Makamssa Yago, pour qui la création ne se limite pas à la peinture. La voix, le corps et les émotions constituent autant de moyens d’expression permettant de donner forme à ce qui demeure parfois difficile à verbaliser.

« Tout ne se dit pas ! Tout ne s’écrit pas ! Tout ne se crie pas ! » résume le propos qui accompagne l’exposition. Derrière les apparences et les silences du quotidien peuvent se cacher des douleurs, des contradictions, des joies, des blessures ou encore des espoirs. Avec « Murmures, fragments d’une renaissance intime », l’artiste cherche à matérialiser ces réalités intérieures et à les transformer en langage artistique.

Les œuvres présentées portent des titres évocateurs tels que « Connexion », « Oppression », « Au-delà du regard », « Renaissance », « Éclosion », « Solidaire », « Pansement », « Résistance », « Le Labyrinthe », « Amour en or », « Métamorphose », « Liberté », « Murmures », « Nos Racines », « La Traversée » ou encore « La Flamme intérieure ». Ensemble, elles composent un parcours qui conduit le visiteur de l’épreuve vers la reconstruction.

Loin de se limiter à une représentation de la souffrance, l’exposition met en avant la capacité de l’être humain à se relever et à se transformer. La résilience, l’espoir, l’amour, la paix et le courage occupent ainsi une place importante dans la démarche de l’artiste. Pour Makamssa Yago, la création constitue aussi un moyen d’évacuer un trop-plein d’énergie et d’émotions, qu’il s’agisse de colère, de tristesse, de joie, de rires ou de silence.

Pour traduire cette exploration intérieure, l’artiste utilise notamment la terre, le banco et des pigments naturels, à travers une technique mixte. La matière devient alors à la fois support et langage. Une conception qui rejoint sa vision d’une œuvre vivante, susceptible d’évoluer au gré des inspirations et des nouvelles lectures.

Présent à l’exposition, Sanga Aboubacar, promoteur d’événements, salue la richesse de cette démarche artistique. À ses yeux, Makamssa Yago dispose de plusieurs moyens d’expression. « Elle exprime sa création avec sa voix, sa peinture. » Il estime toutefois qu’un accompagnement accru serait nécessaire pour mieux faire connaître son travail et lui permettre de toucher un public plus large.

Au-delà de sa dimension artistique, l’exposition participe également à la valorisation de la création féminine. Elle offre une tribune à une artiste qui revendique pleinement sa sensibilité, son regard et sa parole.

Ouverte du 5 au 25 septembre 2026, aux Ateliers Maaneeré à Ouagadougou, « Murmures, fragments d’une renaissance intime » invite ainsi chaque visiteur à une introspection. À travers ses œuvres, Makamssa Yago rappelle que les blessures peuvent laisser des traces, mais qu’elles peuvent aussi devenir le point de départ d’une nouvelle naissance.
Boris Bamah (collaborateur)



