Ouaga Tout Court 4 : pour débuter leur parcours, les jeunes incubés sont invités à remonter aux sources du 7ᵉ art

La quatrième promotion de l’incubateur Ouaga Tout Court (OTC4) poursuit son parcours de formation avec une immersion au cœur du patrimoine cinématographique burkinabè et africain. Le 4 septembre 2026, les dix jeunes auteurs et réalisateurs sélectionnés pour cette nouvelle promotion ont effectué une visite au FESPACO, notamment à la Cinémathèque africaine de Ouagadougou, afin de mieux comprendre l’évolution du cinéma, de l’époque de la pellicule à l’ère du numérique.

Cette quatrième promotion réunit Faridah Djamila Dicko, avec le projet de fiction « Ondes de choc », Diatta Ouattara, auteure de « Lumière (Yeelen) », Nongodo Ouedraogo, porteur du projet « Demi bonnet », et Ouedraogo Kenza, avec « Dès que j’ai pu ». S’y ajoutent Aboubacar Philippe Barro, qui développe « Que sais-tu ? », Kader Ouedraogo avec « Le poids du remords », Zare Isidore avec « Cicatrisé », Ouedraogo Wend-Kuuni Oliva avec « Le cri des absentes », Bruno Yabre avec le documentaire « Ceux qui attendent au portail » et Abibata Kara avec « Le prix de la guerre ».

Cette activité s’inscrit dans le programme d’incubation de Ouaga Tout Court, qui accompagne les jeunes talents dans le développement de leurs compétences et de leurs projets de courts métrages. Pour Abdoul Salam Koussoubé, coordinateur artistique de Ouaga Tout Court, cette immersion constitue une étape fondamentale dans la formation des futurs cinéastes.

« Pour faire des films, il faut voir beaucoup d’autres films. Il faut aussi connaître la genèse et l’évolution de l’art cinématographique, de l’argentique, des pellicules jusqu’au numérique aujourd’hui. »

Durant leur passage à la Cinémathèque africaine de Ouagadougou, les incubés ont découvert du matériel cinématographique ancien, les différentes techniques de conservation ainsi que les espaces de stockage des œuvres. Ils ont également pu observer le processus de numérisation des films argentiques, une opération devenue essentielle pour préserver les œuvres du patrimoine cinématographique.

Bassirou Zoundi, chef du service de la conservation de la Cinémathèque africaine de Ouagadougou, a présenté aux jeunes l’importance de cette institution créée en 1989 et rattachée à l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA).

« En termes de fonds cinématographiques, ici au niveau de la Cinémathèque africaine, nous disposons d’environ 15 000 copies de films, dont plus de 10 000 copies de films qui sont sur support matériel, stockées dans nos deux salles de conservation. »

À ces supports physiques s’ajoutent plus de 4 000 films conservés sous forme numérique, notamment sur des serveurs, des disques durs et des cassettes LTO. Les participants ont également eu l’occasion de visionner trois courts métrages, dont deux œuvres burkinabè et un film nigérien intitulé « L’Envoyé de Dieu ».

Pour le responsable de la conservation, cette rencontre devait surtout encourager les jeunes créateurs à s’approprier l’héritage laissé par les générations précédentes.

« Je les encourage à visionner beaucoup, beaucoup de films pour pouvoir s’inspirer de ce que nos devanciers, les anciens cinéastes ont fait. Il faut qu’ils puissent s’inspirer de ces œuvres, de ces films, du patrimoine des films emblématiques, pour pouvoir les faire mieux et pourquoi pas. »

L’immersion a également marqué Diatta Ouattara, script et assistante réalisatrice, sélectionnée pour cette quatrième promotion. Elle retient notamment la rigueur qui caractérisait le travail cinématographique à l’époque de l’argentique.

« Ce n’est pas comme aujourd’hui où on peut faire dix prises. En ce temps, c’était vraiment strict. On savait ce qu’on voulait. On préparait tout pour ne pas faire d’erreur. »

Cette découverte du patrimoine cinématographique rappelle ainsi aux jeunes créateurs que les nouvelles technologies sont le fruit d’une longue évolution. Pour Abdoul Salam Koussoubé, cette immersion de deux jours autour de l’histoire du cinéma doit permettre aux incubés de mieux connaître le passé afin de construire l’avenir.

« Connaître l’histoire afin de se projeter dans le futur. »

✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso

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