Les berges du barrage de Tanghin, à Ouagadougou, ont accueilli les 6 et 7 juin 2026 la 7e édition du Djibôn, une cérémonie traditionnelle qui réunit chaque année des adeptes de la spiritualité ancestrale autour de prières, de sacrifices rituels et d’invocations pour la paix, la prospérité et un hivernage favorable.

Organisée par les associations Faso KuKumdé et Maaya Blôn, cette édition a mobilisé des centaines de participants venus honorer les mânes des ancêtres et perpétuer une pratique héritée des traditions africaines. Selon les organisateurs, l’événement a connu une affluence particulièrement importante, témoignant de l’intérêt croissant des populations pour les valeurs endogènes et le patrimoine culturel africain.
Pour le président de Faso KuKumdé, Karamongo Bia Koussé, le Djibôn constitue avant tout un moment de communion entre les vivants et leurs ancêtres. « Le Djibôn signifie « verser l’eau ». Il s’agit d’une cérémonie ancestrale qui marque l’entrée dans l’hivernage et permet d’implorer une pluviométrie favorable, de bonnes récoltes, ainsi que la santé, la paix et la prospérité pour les communautés », a-t-il expliqué.

Au-delà de sa dimension spirituelle, le Djibôn se veut également un espace de promotion des cultures africaines. Selon ses initiateurs, la célébration est organisée simultanément dans une trentaine de pays, notamment au Mali, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Togo, au Cameroun, mais aussi dans plusieurs pays européens et dans les Caraïbes, illustrant ainsi l’attachement de la diaspora aux traditions ancestrales.

Tout au long de la matinée du 7 juin, les participants se sont succédé pour accomplir les rites prescrits. Munis de volailles destinées aux sacrifices, ils ont formulé des vœux et des prières avant de procéder aux offrandes. Parmi eux, Omar Traoré, venu remercier ses ancêtres après avoir obtenu, selon lui, des réponses favorables aux doléances formulées lors de l’édition précédente.
« L’année dernière, j’ai formulé des vœux et j’ai vu mes ancêtres me répondre favorablement. Cela m’a rassuré ; c’est pourquoi je suis revenu cette année pour les remercier », a-t-il confié.

La cérémonie a également été marquée par les interventions des autorités coutumières et administratives. Représentant le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pazouknam Jean-Baptiste Ouédraogo a salué une initiative qui contribue à la sauvegarde et à la transmission des valeurs culturelles africaines.
« Cette activité participe à la valorisation de notre patrimoine culturel et à la transmission des valeurs intrinsèques du Burkinabè et de l’Africain. Elle encourage également la recherche de la paix à travers les bénédictions des ancêtres », a-t-il déclaré.

Profitant de cette tribune, les organisateurs ont plaidé pour une meilleure reconnaissance des pratiques culturelles traditionnelles. Ils ont notamment sollicité l’institution d’une seconde date nationale dédiée aux coutumes et traditions, en complément de celle du 15 mai, ainsi que la reconnaissance officielle des berges du barrage de Tanghin comme site sacré.

En prélude aux cérémonies rituelles, la journée du 6 juin a été consacrée à des conférences et échanges autour du thème « Tradition et modernité ». Une réflexion qui traduit la volonté des promoteurs du Djibôn de concilier héritage ancestral et réalités contemporaines, tout en favorisant la préservation du patrimoine culturel immatériel.

À travers cette 7e édition, le Djibôn confirme ainsi son rôle de cadre de transmission des savoirs traditionnels, de renforcement de l’identité culturelle et de promotion de la cohésion sociale autour des valeurs ancestrales.
Modou Traoré (collaborateur)



