Vernissage et dédicace à Ouagadougou : Dr Momar Seck partage sa vision de l’art africain contemporain à la Galerie Kanudya

La Galerie Kanudya de Ouagadougou a accueilli, mardi 21 juillet 2026, le vernissage de l’exposition de l’artiste plasticien, enseignant et chercheur sénégalais Dr Momar Seck, suivi de la dédicace de son ouvrage consacré à sa démarche artistique. Devant un public composé d’artistes, d’étudiants, d’universitaires et d’amoureux des arts plastiques, l’auteur a présenté une réflexion profonde sur la création contemporaine, l’identité africaine et la transmission du savoir.

À travers cette rencontre artistique, la Galerie Kanudya a offert au public burkinabè un moment de dialogue autour de l’art contemporain africain. La directrice de la galerie, Mariam Sougué, a salué le parcours exceptionnel de Dr Momar Seck, rappelant que leur collaboration est née de leur rencontre lors des Rencontres internationales de peinture de Ouagadougou (RIPO) en 2021. Elle a également souligné les conseils et l’accompagnement dont elle a bénéficié de l’artiste dans le développement de son espace culturel.

Pour la présentation critique de l’ouvrage, le modérateur de la soirée, Dr Arouna Yaméogo, enseignant-chercheur à l’Université Joseph Ki-Zerbo et critique d’art, a mis en lumière la portée intellectuelle du livre. Selon lui, l’ouvrage dépasse le simple témoignage artistique pour devenir une référence pour les créateurs et les chercheurs.

« Il faut dire qu’au Burkina Faso, il y a beaucoup d’artistes plasticiens de renommée internationale. Le grand problème, c’est qu’il y a peu d’artistes qui s’exercent à l’écriture de leurs propres œuvres. Le livre en lui-même mérite beaucoup de félicitations et doit être un exemple pour les artistes plasticiens burkinabè », a-t-il déclaré.

Le critique d’art a également insisté sur la dimension environnementale et identitaire de la démarche de l’artiste sénégalais. « L’œuvre revisite tout le parcours de Momar Seck. C’est un environnementaliste dans l’âme. Il invite les Africains à s’approprier leur culture et à revendiquer leur souveraineté culturelle. De ce point de vue, c’est une œuvre d’une très grande portée », a-t-il poursuivi.

Prenant la parole à son tour, Dr Momar Seck a expliqué les motivations qui l’ont conduit à écrire cet essai consacré à sa propre démarche plastique. Pour lui, il était essentiel que les artistes africains produisent eux-mêmes les références théoriques sur leurs créations.

« Pourquoi j’ai écrit ? Parce qu’à un moment je me suis dit que tout ce que je trouvais sur ma recherche était écrit en Europe. Je me suis dit qu’en Afrique, il faut qu’on commence nous-mêmes à écrire, à expliquer ce que nous voulons dire avant que quelqu’un dise ce que nous avons voulu dire sans le savoir », a-t-il affirmé.

Évoquant le choix du Burkina Faso pour la présentation officielle de son livre, l’artiste a mis en avant les liens d’amitié qui l’unissent au pays ainsi que son admiration pour le dynamisme de la scène artistique burkinabè.

« C’est d’abord mon amour pour le Burkina Faso. Ma première rencontre avec Ouagadougou remonte aux RIPO 2021. J’ai apprécié le dynamisme des jeunes artistes. Je me suis dit qu’il n’y avait pas meilleur endroit pour présenter ce livre, qui est aussi un appel à la souveraineté et à l’autodétermination des artistes africains », a confié Dr Momar Seck.

L’artiste a enfin rappelé que sa vocation d’enseignant nourrit naturellement son engagement en faveur du partage des connaissances. « Ma fonction dans la vie, c’est la transmission. Le plus important, c’est de penser aux générations futures. Nous avons besoin, en Afrique, que cette transmission soit authentique et qu’elle passe par nos valeurs fondamentales », a-t-il souligné.

L’ouvrage, intitulé « Poïetique » de ma démarche plastique, comprend 160 pages et est proposé au prix de 35 euros, soit environ 23 000 FCFA. Disponible en seulement quelques exemplaires lors de cette première présentation à Ouagadougou, il a suscité un vif intérêt auprès des participants. Entre exposition des œuvres, échanges avec le public et séance de dédicace, cette soirée a confirmé l’importance de la réflexion sur l’art africain contemporain et la nécessité, pour les artistes du continent, de documenter eux-mêmes leurs démarches créatives.

Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso

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