Réunis le 30 mai à la Maison de la Femme, les sociétaires de la Caisse populaire de Songtaaba ont adopté de nouveaux statuts conformes aux exigences nationales et communautaires. Cette assemblée générale mixte a également été marquée par la présentation d’un bénéfice net historique de plus de 1,1 milliard de FCFA au titre de l’exercice 2025, ainsi que par d’importantes décisions relatives à la gouvernance de l’institution.

Selon les conclusions de l’assemblée générale, la Caisse populaire de Songtaaba a enregistré une performance financière sans précédent au 31 décembre 2025. Avec un bénéfice net de 1 173 803 740 FCFA, l’institution signe le meilleur résultat de son histoire ainsi que celui du réseau des caisses populaires du Burkina Faso.
Présidée par le président sortant du Conseil d’administration, Noé Nana, l’assemblée générale extraordinaire et ordinaire avait pour principal objectif de mettre les textes de la caisse en conformité avec les nouvelles dispositions juridiques nationales et celles de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Les sociétaires ont ainsi adopté de nouveaux statuts consacrant le passage du statut de coopérative d’épargne et de crédit à celui de société coopérative.

Selon Noé Nana, cette réforme traduit la volonté de renforcer la gouvernance de l’institution et d’adapter son fonctionnement aux nouvelles exigences réglementaires. Il a également dressé le bilan de son mandat de cinq ans, marqué, selon lui, par le renforcement de la confiance des membres, la modernisation des outils numériques et le développement des partenariats avec les structures sœurs.
« Pour l’exercice clos au 31 décembre 2025, nous présentons un résultat historique, jamais atteint au sein du réseau des caisses populaires depuis sa création en 1972, avec un bénéfice net de 1 173 803 740 FCFA », a-t-il déclaré devant une assemblée fortement mobilisée.
Au-delà des résultats financiers, les débats se sont largement focalisés sur la gestion du dossier Africanet, qui a fortement marqué la vie de l’institution ces dernières années. Le Conseil d’administration a présenté aux sociétaires la genèse du contentieux opposant Songtaaba à la Faîtière dans le cadre de ce dossier, ainsi que les actions entreprises ayant permis le recouvrement effectif des fonds concernés.
Les échanges ont permis aux membres de mieux comprendre les circonstances ayant conduit à la perte de près de 2,7 milliards de FCFA et de mesurer l’engagement du Conseil d’administration dans la défense des intérêts de la caisse. À l’issue des discussions, plusieurs sociétaires ont exprimé leur désapprobation quant à la gestion du dossier Africanet et aux responsabilités des différents acteurs impliqués.

L’assemblée générale a ainsi adopté une résolution retirant sa confiance à la directrice générale de la Faîtière. Cette décision intervient après le retrait de confiance précédemment exprimé par le Conseil d’administration à l’endroit de l’ancienne directrice de la Caisse populaire de Songtaaba.
Les sociétaires ont par ailleurs salué les efforts du Conseil d’administration sortant pour le recouvrement d’environ 2,7 milliards de FCFA, une action jugée déterminante pour la stabilité financière et la pérennité de l’institution.
Les travaux ont également été marqués par la présentation du rapport du Conseil de surveillance et des conclusions du Commissariat aux comptes, assorties de recommandations visant à renforcer davantage la gouvernance et les performances de la caisse.
L’assemblée a enfin procédé au renouvellement du bureau du Conseil d’administration. À l’issue des élections, Martin Kaboré a été élu président du Conseil d’administration. Il sera assisté de Tingueri Labagninga Olivier en qualité de vice-président et de Nana Ali en qualité de secrétaire. Daberé Angèle Kinda, Yvette Ky et Minoungou Inès Goro complètent l’équipe en tant que membres.
À travers les résolutions adoptées, les sociétaires ont réaffirmé leur attachement aux principes de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance, tout en exprimant leur volonté de préserver l’autonomie et la crédibilité de leur institution dans un contexte de mutation et de renforcement du secteur coopératif.
Modou Traoré (Collaborateur)



