Les Nuits Atypiques de Koudougou (NAK) préparent leur 31e édition, prévue du 21 au 29 novembre 2026 à Koudougou. Face aux professionnels des médias et aux acteurs culturels, le directeur du festival, Koudbi Koala, a présenté les grandes articulations de ce rendez-vous culturel, placé sous le thème : « Savoirs endogènes, dialogue et prévention des conflits dans l’espace AES ». Cette édition ambitionne de réunir plus de 70 000 festivaliers autour d’une programmation artistique, scientifique et commerciale diversifiée.

Après plus de trois décennies d’existence, les NAK entendent consolider leur place dans le paysage culturel national et sous-régional. Pour le directeur du festival, la culture ne saurait être réduite au divertissement. Elle représente également un moyen de sensibilisation, d’éducation et de rapprochement entre les communautés. « La culture ne saurait être reléguée au seul rang du divertissement. Elle est aussi un puissant levier de sensibilisation, d’éducation, de dialogue entre les communautés et de construction de la paix », a-t-il souligné.

La thématique mettra notamment l’accent sur les mécanismes traditionnels de régulation sociale, tels que la parenté à plaisanterie, la médiation, la solidarité et le dialogue intergénérationnel. Le président de cette édition a également insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre les peuples de l’espace AES. « Nous sommes le même village, la même famille et nous devons régler nos problèmes ensemble », a-t-il déclaré, rappelant le rôle des festivals dans la connaissance mutuelle et la tolérance.
La programmation prévoit des spectacles, des concerts live, du théâtre, de l’humour, des expositions et des rencontres scientifiques. Après « PAK ZAKA », annoncé le 21 novembre à partir de 16 heures, la scène découverte « Relev’Art » accueillera les jeunes talents du 22 au 24 novembre. Les concerts sur la grande scène débuteront le 25 novembre et seront exclusivement en live.

Sur le plan artistique, cette édition fera la part belle aux troupes et aux artistes burkinabè, tout en s’ouvrant aux talents de la sous-région. Les festivaliers retrouveront notamment les troupes Balirbié, Nong Taaba de Saponé, Kaboré Nongoma & Gourma, Djinkadi Percussion de Bobo et le Groupe culturel Sylvie Chalayé. La programmation comprend également Tao le Flûtiste du Sahel, Nignan Kouakou, Privat, Sly Forever, Améty Meria, Bam Raady, Audrey, Amzy, Francky FP, Kezi, Barack La Voix d’Or, Elty, Malakey du Mali, Esaïe l’Original et Deperpignan de Côte d’Ivoire. Sont aussi annoncés Adjapoutchou, Kam Naaba le Béni, Imilio le Chanceux, Martinien Ossazuly, King Faya, Ila le Comédien, Jahkasa, Jhonel du Niger et Zedess. Le théâtre et l’humour occuperont également une place particulière dans cette programmation.
Le Village Atypique constituera un autre pôle d’attraction avec sa rue marchande et son espace gastronomique, qui devraient accueillir environ 400 stands. L’espace « Kombi-Zaaka » sera consacré aux enfants, à travers des activités de découverte et d’apprentissage des cultures africaines. Une émission télévisée spéciale, « Cocktail Spécial NAK », animée par Mascotte, figure également au programme.

Sur le plan scientifique, un colloque international sera organisé en collaboration avec l’Université Norbert-Zongo et le laboratoire LABOLAC. Les échanges porteront notamment sur les savoirs traditionnels, les mécanismes de médiation et les innovations au service de la prévention des conflits. La publication des actes des précédentes rencontres scientifiques participe à la volonté de laisser une trace durable de ces réflexions.
L’organisation prévoit un budget prévisionnel d’environ 150 millions de FCFA pour accueillir plus de 70 000 festivaliers durant les neuf jours. À cette occasion, le directeur du festival a lancé un appel aux partenaires institutionnels, techniques et financiers, ainsi qu’aux entreprises et opérateurs économiques, rappelant que « les retombées d’un tel événement dépassent largement le cadre des spectacles ».

Pour l’accès, les tickets seront fixés à 200 FCFA du 22 au 24 novembre, puis à 500 FCFA pour la zone d’exposition et 1 000 FCFA pour l’ensemble des espaces à partir du 25 novembre.
Placée sous le haut patronage du ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, avec Bassolma Bazié comme parrain et Sa Majesté Naaba Kaongo, chef de Zagtouli, comme coparrain, cette 31e édition entend faire de la culture un espace de transmission des savoirs, de dialogue et de consolidation de la paix dans l’espace AES.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso



