La scène musicale burkinabè s’apprête à vibrer au rythme des sonorités du Gulmu. La cantatrice gourmantché Marie Gayeri a officiellement annoncé la tenue de son concert grand format prévu le 1er mai 2026 au Stade Issoufou Joseph Conombo. L’annonce a été faite le 24 mars dernier lors d’une conférence de presse organisée sur le site même de l’événement, donnant ainsi le ton d’un spectacle qui se veut à la fois ambitieux et symbolique.

Baptisé « Jawaama », un mot gourmantché signifiant « Debout », ce concert se présente comme un appel à l’affirmation culturelle du Burkina Faso. À travers ce projet, l’artiste et son équipe entendent marquer un tournant en sortant des cadres traditionnels de diffusion artistique pour investir un espace de grande capacité. L’objectif est clair : rassembler un large public et démontrer la vitalité de la musique traditionnelle sur les grandes scènes nationales.

Selon le comité d’organisation, ce concert s’inscrit dans une dynamique plus large d’émancipation culturelle. Dans un contexte où les industries culturelles cherchent à se structurer et à rayonner au-delà des frontières, l’initiative de Marie Gayeri apparaît comme une réponse audacieuse. Il s’agit non seulement de valoriser le patrimoine musical gourmantché, mais aussi de prouver que les artistes traditionnels peuvent mobiliser des foules comparables à celles des grandes figures de la musique moderne.

À un mois de l’événement, les organisateurs reconnaissent l’ampleur du défi, mais se disent déterminés à le relever avec l’adhésion des Burkinabè. Pour eux, ce concert dépasse le simple cadre artistique et s’inscrit dans une vision plus large de valorisation culturelle. Le président du comité d’organisation, Clovis Ouédraogo, souligne que la dynamique actuelle du pays appelle à une affirmation forte de son identité culturelle, laquelle ne peut pleinement s’exprimer dans des espaces restreints. Selon lui, il est désormais essentiel d’investir des scènes d’envergure afin de projeter, aux yeux du monde, l’image d’un Burkina Faso fier de sa culture et résolument tourné vers son rayonnement.

Forte d’un parcours riche et constant, Marie Gayeri n’est pas une inconnue du public burkinabè. Classée hors compétition à la Semaine Nationale de la Culture, elle s’est imposée au fil des années comme une référence incontournable de la musique traditionnelle. Lauréate à plusieurs reprises lors de cette biennale culturelle, notamment en 2008, 2016, 2018 et 2023, elle a également été récompensée aux Kundé et aux Faso Music Awards dans la catégorie du meilleur artiste traditionnel. Sa particularité réside dans ses prestations exclusivement en live, qui témoignent d’une maîtrise vocale et d’une authenticité artistique saluées par les mélomanes.

Le pari du 1er mai est de taille : remplir les 25 000 places du stade pour un spectacle de deux heures, prévu à partir de 16h GMT. Les organisateurs misent sur une mobilisation nationale, invitant le public à venir soutenir une artiste qui incarne une identité culturelle forte. Les tarifs ont été fixés à 5 000 FCFA pour la pelouse et 10 000 FCFA pour les places VIP, afin de permettre une accessibilité relative à différents publics.
Au-delà du concert principal, l’événement se veut également un cadre de transmission culturelle. Dès l’ouverture, des activités de sensibilisation seront proposées aux jeunes générations autour des valeurs et traditions gourmantché. La soirée se poursuivra avec des prestations artistiques variées, avant l’entrée en scène de la tête d’affiche. D’autres figures de la musique traditionnelle viendront également enrichir la programmation.

Côté discographie, Marie Gayeri continue de bâtir une œuvre solide. Après les albums Yaba (2019), Kiabili (2020) et Kanyieh (2022), elle a récemment dévoilé en janvier 2026 son cinquième opus intitulé Yedimpo. Un répertoire qui sera sans doute au cœur de ce concert, promettant un voyage musical entre tradition et modernité.
À travers “Jawaama”, Marie Gayeri ne se contente pas de proposer un spectacle. Elle lance un message fort : celui d’une culture debout, fière et prête à conquérir de nouveaux espaces.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





