L’Association Dizenidani pour la Promotion Éducative de Tiébélé (A.D.P.E.T.), en partenariat avec la Cuomo Foundation, a organisé, du 18 au 21 mars 2026, la 11e édition du Concours DORA, dédié à la peinture murale traditionnelle kasséna. Cette initiative culturelle majeure, tenue dans la cour royale de Tiébélé, a rassemblé plusieurs établissements scolaires autour d’un objectif commun : préserver et transmettre un patrimoine ancestral d’une richesse exceptionnelle.
C’est devant 120 jeunes filles venues de douze (12) lycées et collèges de la commune de Tiébélé que s’est déroulée cette compétition, marquée par l’engagement, la créativité et la passion des participantes. Le lycée de Zécco était, cette année, l’établissement invité d’honneur, apportant une dimension particulière à cette édition et ouvrant la voie à une extension future du concours à d’autres localités de la province du Nahouri.

Durant trois jours de compétition, les participantes, encadrées par des formatrices expérimentées, ont démontré leur savoir-faire à travers des œuvres réalisées à base de matériaux locaux tels que la latérite, le basalte, le calcaire et les pigments naturels. Bien plus qu’un simple concours, DORA s’impose aujourd’hui comme un véritable cadre de transmission intergénérationnelle.

Selon le président de l’association organisatrice, Abatidan Casimir Nassara, cette initiative répond à un enjeu crucial : « assurer la pérennité de la culture kasséna à travers la jeunesse ». Il souligne que sans transmission, les traditions sont vouées à disparaître.

Cette édition a bénéficié du parrainage de Assetou Ouattara, directrice de la Maison d’Arrêt et de Correction de Pô (MAC-PÔ), dont l’engagement en faveur de la promotion de la femme et de la cohésion sociale a été salué. Dans son intervention, elle a déclaré : « Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement un concours. Nous célébrons un héritage, une identité, mais surtout la femme, gardienne fidèle de nos traditions. Ce patrimoine est une richesse que nous devons protéger, promouvoir et transmettre avec fierté. »

À ses côtés, plusieurs personnalités ont honoré l’événement de leur présence, notamment Sa Majesté Belem Ziiré, chef de canton de Zécco, ainsi que Agathe Atiana, Sous-Directrice à la Direction Centrale de la Gestion des Bureaux (DCGB) de la Poste Burkina Faso. La cérémonie a également enregistré la présence de chefs coutumiers, de cadres locaux, de partenaires, ainsi que du Trésor Humain Vivant (THV), la doyenne Kayè Tintama.

Fait marquant de cette 11e édition, le lycée de Zécco était à l’honneur en tant qu’établissement invité, une ouverture saluée vers l’extension future du concours à d’autres localités de la province du Nahouri. À l’issue des délibérations du jury, le lycée municipal de Tiébélé a remporté le premier prix grâce à la qualité exceptionnelle de sa fresque.
La lauréate, « Anezoura Fidèle », a partagé son expérience : « Au niveau de la cour royale de Tiébélé, nos mamans nous ont appris comment peindre la peinture traditionnelle afin que notre cour royale soit bien. Concernant cet apprentissage, on nous a d’abord montré les différentes matières qu’on doit utiliser. Ensuite, on a appliqué. Et enfin, au niveau des dessins, on a utilisé la latérite, les cailloux noirs, le basalte et le calcaire. »
Elle poursuit avec enthousiasme : « En tout cas, on a eu le premier prix. Ça nous motive. Nous sommes contentes pour l’année prochaine. Et aussi, on essaie d’expliquer à nos différents camarades qui n’ont pas participé, pour les motiver afin qu’ils puissent participer l’année prochaine aussi. »

Le lycée départemental de Tiébélé s’est classé deuxième, suivi d’autres établissements ayant également démontré un talent remarquable. Un prix spécial, le Prix de Solidarité Alexandre Keto, a été attribué au CEG de Lo, dont les participantes se sont illustrées par leur esprit de solidarité tout au long de la compétition.
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la cour royale de Tiébélé bénéficie aujourd’hui d’une visibilité accrue, renforcée par des initiatives comme le concours DORA.

Dans une atmosphère marquée par la fraternité, la cohésion sociale et le partage, cette 11e édition s’est déroulée avec succès, mettant en lumière le travail remarquable des élèves et des formatrices engagées dans la valorisation de cet art ancestral.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





