Le Centre national des arts, du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA) de Ouagadougou a servi de cadre, le lundi 13 avril 2026, à la dédicace du troisième roman de l’écrivain Abraham Ouesséna Abassagué, également Directeur général de ladite institution. Intitulé Le dernier sacrificateur, l’ouvrage a été présenté au cours d’une cérémonie riche en interventions, marquée par la présence d’acteurs du monde culturel, des arts et des médias.

Publié aux éditions Hector Adams, ce roman tragique en dix chapitres s’inscrit dans la continuité de l’engagement de l’auteur à explorer les réalités socioculturelles du Burkina Faso. L’œuvre aborde des thématiques sensibles telles que les sectes, les sacrifices humains, la quête effrénée de richesse, l’abus de pouvoir et les conséquences dramatiques des choix individuels.

Prenant la parole en sa qualité de parrain de la cérémonie, M. Abdoulaye SOURGOU, PDG du Groupe OMEGA INTERNATIONAL, a salué la portée de l’œuvre et l’engagement de l’auteur, estimant que « cette œuvre interpelle notre société sur ses dérives et nous invite à revenir aux valeurs essentielles. Elle participe à l’éveil des consciences et à la préservation de notre identité culturelle ». Il a également encouragé la promotion de la littérature burkinabè et exhorté la jeunesse à s’inspirer de telles initiatives qui valorisent les réalités sociales et culturelles du pays.

Dans son allocution, l’éditeur, représenté par Hubert Battelot, a salué l’originalité de la plume de l’auteur et la profondeur du texte : « C’est toujours un plaisir de travailler avec cet auteur, car on retrouve dans ses œuvres une authenticité rare. Le dernier sacrificateur est un ouvrage profond qui mêle drame et mysticisme ». Il a également insisté sur la qualité de fabrication du livre, gage de sa valeur et de sa durabilité dans le temps.

L’analyse critique de l’œuvre a été assurée par le critique littéraire Parfait Ilboudo, qui a mis en lumière la richesse narrative et la portée sociale du roman. Selon lui, « Le dernier sacrificateur est un roman tragique qui met en scène des personnages pris dans une spirale fatale, où la quête de richesse et de pouvoir conduit inévitablement à la destruction ». Il souligne également l’originalité de la construction narrative, marquée par un narrateur omniscient et une intrigue qui débute par ce qui s’apparente à une fin, plongeant le lecteur dans une quête de compréhension progressive.

Parfait Ilboudo a par ailleurs relevé l’ancrage réaliste de l’œuvre, tant dans les lieux que dans les thématiques abordées : « L’auteur écrit le Burkina Faso, il dévoile une partie de notre société en s’appuyant sur des faits et des réalités qui interpellent directement le lecteur ». Il n’a pas manqué de qualifier le roman de tragédie moderne, capable de susciter à la fois peur et compassion chez le lecteur.

Prenant la parole, l’auteur Abraham Ouesséna Abassagué a expliqué les motivations profondes de son œuvre : « Écrire, c’est exister. Cet ouvrage est une manière de dire que le Burkina Faso est là, que sa culture existe et mérite d’être racontée ». Il précise que le choix du thème des sectes vise avant tout à éveiller les consciences : « Nous montrons le cheminement et les conséquences de certains choix, pour inviter chacun à réfléchir. Oui à la richesse, mais dans la droiture ».

À travers l’histoire tragique de Frédéric et Sarah, le roman illustre les dérives d’une ambition démesurée, où l’attrait du gain facile conduit à des pratiques macabres et à des pertes irréparables. L’auteur met ainsi en garde contre les raccourcis dangereux vers la réussite, tout en valorisant les principes d’intégrité et de responsabilité.

Après Tiébélé paru en 2020 et Abadjé ou la résistance des Kasna publié en août 2024, l’auteur confirme son ancrage dans la littérature burkinabè contemporaine. Artiste prolifique et pluridisciplinaire, il poursuit, à travers cette nouvelle œuvre, son engagement pour la valorisation des réalités socioculturelles nationales et la transmission de l’histoire authentique du Burkina Faso.

Disponible au prix de 5 000 FCFA dans les librairies de la capitale et au CENASA, Le dernier sacrificateur se positionne comme une œuvre marquante de la littérature burkinabè contemporaine, appelant à une introspection individuelle et collective face aux défis moraux de la société.

Un auteur aux multiples casquettes
Au-delà de la littérature, Abraham Ouesséna Abassagué est une figure bien connue du paysage culturel burkinabè. Conseiller des affaires culturelles, musicien, professeur de chant, promoteur de festivals et écrivain, il dirige le CENASA depuis 2023. Avant cela, il a également occupé la direction de l’INAFAC. Son parcours illustre un engagement constant en faveur de la création artistique, de la transmission culturelle et de la promotion des talents nationaux.

Son œuvre littéraire, à l’image de ses responsabilités institutionnelles, s’inscrit dans une volonté affirmée de faire rayonner l’identité culturelle burkinabè sur la scène nationale et internationale.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





