Zoug-Nanzaguemda célèbre sa distinction de « Trésor humain vivant » à travers un panel sur les traditions moaga

Vingt-et-un Trésors humains vivants ont été officiellement distingués à Ouahigouya par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Parmi eux figure l’artiste traditionaliste Zoug-Nanzaguemda. Pour honorer cette distinction et saluer l’intérêt accordé par le gouvernement aux traditions burkinabè, l’artiste, de son nom à l’état civil Issaka Ouédraogo, a organisé un panel à son domicile situé à Kaapala.

Zoug-Nanzaguemda, Trésor humain vivant et artiste musicien

Animé par lui-même et enrichi par les interventions de leaders coutumiers et communaux , le panel a retracé l’histoire de la chefferie traditionnelle moaga. Les échanges ont porté sur la succession des chefs, avec une présentation des différents souverains jusqu’à l’actuel Moogho Naaba.

Au cours de son exposé, Zoug-Nanzaguemda a déploré le fait que certains parents privilégient les langues étrangères au détriment de la transmission des traditions et coutumes aux enfants. Selon lui, « les parents doivent initier les enfants à leur culture, car les Français et la langue française ont trouvé ici un trésor : nos cultures ».

L’artiste a également invité les autorités éducatives à intégrer dans les programmes scolaires l’histoire des Burkinabè ayant accompli des actes nobles pour léguer la patrie aux générations futures. « Nous constatons une volonté de promouvoir nos cultures depuis l’arrivée du régime du MPSR 2 », a-t-il souligné.

Le public mobilisé lors du panel

Selon lui, les cultures et coutumes burkinabè occupent aujourd’hui une place importante dans l’action gouvernementale, une dynamique qu’il a saluée. Dans son allocution, prononcée entièrement en langue nationale, il a également loué la vision du capitaine Ibrahim Traoré, qu’il considère comme un soutien majeur à la culture sous toutes ses formes.

Concernant son titre de « Trésor humain vivant », l’artiste estime qu’il s’agit d’une marque de considération envers les racines culturelles du Burkina Faso. « C’est un honneur pour moi d’être désigné Trésor humain vivant. Cette distinction de la part de mon pays constitue un engagement supplémentaire à valoriser nos traditions, à rappeler nos coutumes et à mieux transmettre ce savoir ancestral aux générations futures. J’invite également les populations à profiter de notre présence, celle de mes pairs Trésors humains vivants et de moi-même », a-t-il déclaré.

Chanteur depuis 1978, Zoug-Nanzaguemda affirme avoir produit 87 albums. L’ensemble de son œuvre vise à éduquer les populations aux valeurs authentiques de la tradition et à transmettre les coutumes burkinabè.

Octavie Noëlle Neya/Ouédraogo, directrice régionale de la culture du Centre

Présente au panel, la directrice régionale de la culture du Centre, Octavie Noëlle Neya/Ouédraogo, a salué la pertinence de l’initiative ainsi que le combat mené par le Trésor humain vivant pour la promotion de la culture burkinabè. Elle a invité la jeunesse à tirer profit de l’expérience et du savoir des gardiens de la tradition : « Que les jeunes utilisent le Trésor humain vivant pendant qu’il est encore parmi nous afin de mieux connaître les traditions burkinabè », a-t-elle lancé.

Mobilisant des centaines de personnes, majoritairement issues du quartier, ainsi que plusieurs chefs coutumiers, l’événement a été marqué par des remises d’attestations aux gardiens de la tradition et par des prestations artistiques.

Modou Traoré (Collaborateur)

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