À Dassasgho, l’Association Musicale pour les Enfants du Monde (AMEM) a offert, du 11 au 29 août 2025, une immersion artistique unique à près de 50 enfants. Entre piano, guitare, basse électrique, ukulélé, violon, solfège, danse, dessin et percussions, ces cours de vacances ont été bien plus qu’un simple apprentissage : une véritable école de vie, couronnée par une restitution haute en couleurs et riche en émotions.

Un programme au service de l’éveil artistique et culturel
Durant trois semaines, l’AMEM a rassemblé des dizaines d’enfants autour d’ateliers variés : piano, ukulélé, violon, guitare, basse, dessin, batterie, djembé, danse et solfège. L’objectif n’était pas seulement d’initier les jeunes à la pratique artistique, mais aussi de renforcer la solidarité, l’éducation civique et le vivre-ensemble. Parmi les participants figuraient également des enfants déplacés internes (PDI) venus de Gampela, confirmant la dimension inclusive de l’initiative.

Cette édition a mobilisé huit encadreurs (cinq jeunes filles et trois adultes), dont certains, anciens élèves de l’association, sont devenus à leur tour formateurs. Un fait qui illustre la pérennité et le rayonnement du projet lancé il y a huit ans par la fondatrice Maria Behrens.

Une restitution vibrante et pleine d’émotion
La cérémonie de clôture a débuté par l’hymne national, interprété au violon, violoncelle, guitare et basse par les enfants. Elle s’est poursuivie avec des démonstrations de batterie, de danse, de théâtre et de musique, sous les regards admiratifs des parents venus nombreux encourager leurs enfants.

Si Maria Behrens, fondatrice de l’AMEM, était absente, son co-fondateur Yannick Bationo a pris la parole pour remercier les familles et féliciter les enfants pour leur engagement. La soirée s’est conclue par la remise d’attestations, une photo de famille symbolisant la cohésion, et un repas partagé dans une ambiance conviviale.

Témoignages d’encadreurs inspirants
L’artiste danseur-interprète Derra Ahmed Fadel, membre du Ballet National, a initié les enfants aux danses traditionnelles burkinabè comme le Warba et le Kassena. « Beaucoup n’avaient jamais dansé avec des percussions. J’ai déconstruit les mouvements pour leur transmettre l’esprit et la signification culturelle de ces danses. Ce fut une découverte mutuelle », a-t-il confié.

De son côté, Bertrand Bationo, professeur de piano et de dessin, a proposé une pédagogie adaptée : initiation aux gammes et morceaux simples pour les plus grands, et approche ludique du dessin à partir de chiffres et de lettres. « Chaque enfant a pu produire quelque chose de concret. L’idée était de montrer que tout peut devenir art », a-t-il expliqué.

L’art comme outil de cohésion et de transmission
Au-delà des apprentissages techniques, l’édition 2025 a permis aux enfants de s’approprier des valeurs citoyennes et culturelles. À travers la musique et la danse, ils ont découvert que l’art n’est pas qu’une expression esthétique, mais aussi un levier d’unité, d’identité et d’épanouissement.

En offrant à ces jeunes, y compris aux plus vulnérables, un espace d’expression et de créativité, l’AMEM confirme sa mission : former non seulement des artistes, mais aussi des citoyens responsables et ouverts au monde.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





