mer 21 janvier 2026

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« Une veillée au Sahel » : une création scénique qui éclaire l’avenir du Liptako-Gourma

À travers une comédie musicale de 1h50, la pièce « Une veillée au Sahel » invite le public à une plongée artistique au cœur de l’histoire et des réalités contemporaines du Liptako-Gourma. Accueillie au Théâtre populaire Désiré Bonogo de Ouagadougou sur une période allant du 15 au 31 janvier 2026, cette création transfrontalière, mise en scène par Paul P. Zoungrana, réunit des artistes du Burkina Faso, du Mali et du Niger autour d’un même plaidoyer pour l’unité, la résilience et le vivre-ensemble.

Portée par le projet LIPTAKO, cette création scénique rassemble quatorze comédiens, danseurs et musiciens du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour raconter l’histoire partagée d’un territoire aujourd’hui confronté à de profonds bouleversements.

Inscrite dans le cadre du projet LIPTAKO, l’œuvre est portée par les associations Arts en Intersection (Burkina Faso), Anw Jigi Art (Mali) et Nema (Niger). Sur scène, quatorze comédiens, danseurs et musiciens donnent vie à une fresque collective retraçant l’histoire d’un territoire longtemps uni par les traditions, aujourd’hui éprouvé par des bouleversements sociaux, politiques et sécuritaires.

Entre oralité ancestrale et expressions urbaines, Une veillée au Sahel fait dialoguer langues, danses et récits pour raconter le Liptako-Gourma d’hier et d’aujourd’hui.

Sur le plan artistique, l’oralité occupe une place centrale. Les récits ancestraux, portés par les figures du conte et du griot, se mêlent aux expressions contemporaines telles que la danse moderne, le hip-hop et l’afrobeat. « Une veillée au Sahel » se distingue ainsi par sa capacité à faire dialoguer les formes traditionnelles et les arts actuels, en convoquant instruments parleurs, mythes fondateurs et écritures contemporaines pour interroger l’actualité des trois pays.
La diversité linguistique est également au cœur de la mise en scène. Mooré, bambara, zarma, fulfuldé, entre autres langues nationales, cohabitent avec le français, traduisant la richesse culturelle du Liptako-Gourma.

Pour Paul P. Zoungrana, la rencontre des langues, des corps et des musiques sur scène incarne la force et la résilience du Sahel.

Pour le metteur en scène Paul P. Zoungrana, ce choix est porteur de sens : « Nous avons voulu que les langues, les corps et les musiques se rencontrent sur scène, parce que c’est dans cette diversité que le Sahel puise sa force », explique-t-il.
L’écriture du spectacle, assurée par Diama Honorine, Tony Ouédraogo, Édouard Lompo et Paul P. Zoungrana, emprunte le registre de la comédie pour aborder des thématiques sensibles. L’œuvre dénonce notamment les mécanismes d’ignorance et de manipulation, tout en rendant hommage aux valeurs de solidarité, de courage et de transmission qui fondent les sociétés sahéliennes.

Le metteur en scène Paul P. Zoungrana, accompagné du conteur Toudeba Bobellé et de l’assistante Assitan Tangara, formant un trio engagé au cœur de cette coproduction régionale.

Au-delà de la scène, « Une veillée au Sahel » se veut un espace de dialogue avec le public. La proximité instaurée par la scénographie invite les spectateurs à réfléchir sur la cohésion sociale, le patriotisme, la paix et la responsabilité collective. Pour Assitan Tangara, assistante à la mise en scène, « cette création montre qu’il est possible de construire ensemble, au-delà des frontières, en partant de ce que nous partageons culturellement ».

La première représentation d’Une veillée au Sahel a réuni un public nombreux, dont la comédienne Augusta Palenfo, séduite par la portée éducative et réflexive du spectacle.

La première représentation a mobilisé un public nombreux ainsi que la presse. Parmi les spectateurs, le comédienne Burkinabè Augusta Palenfo souligne la portée éducative de la pièce : « Le spectacle parle de notre réalité avec humour, mais il nous amène surtout à réfléchir sur nos comportements et nos responsabilités », confie-t-elle.

Première au Théâtre populaire : une mobilisation du public enthousiaste pour célébrer cette œuvre phare de l’intégration culturelle.

Soutenu par le ministère de la Culture du Burkina Faso, le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) à travers la Coopération suisse, ainsi que le Consortium ACF–Fonds MAYA, le projet ambitionne de poursuivre sa diffusion au Mali et au Niger. À travers cette création, le théâtre s’affirme comme un langage commun, capable de relier les mémoires et d’esquisser des pistes pour un avenir plus solidaire dans le Liptako-Gourma.

Du 15 au 31 janvier 2026, Une veillée au Sahel invite différents publics au Théâtre populaire de Ouagadougou pour partager et débattre autour de ses thématiques.

La pièce « Une veillée au Sahel » est programmée du 15 au 31 janvier 2026 au Théâtre populaire Désiré Bonogo de Ouagadougou. Sur cette période, un programme de diffusion spécifique a été mis en place afin de toucher différents publics. Les mercredis à 18h30 sont réservés aux scolaires, les jeudis à 20h aux universitaires, les vendredis à 20h aux communautés, tandis que les samedis à 20h sont ouverts à l’ensemble du public. Cette organisation vise à favoriser une large appropriation du spectacle et à encourager les échanges autour de ses thématiques.

Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso

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