Digne ambassadeur de la musique San, TIM WINSEY, de son vrai nom Timbiri WInsé, s’impose comme l’un des artistes burkinabè les plus complets et créatifs de sa génération. Musicien, auteur, compositeur, chanteur et interprète, il incarne à la fois l’héritage et l’innovation, portant haut les couleurs de la culture burkinabè sur les scènes du monde entier.

Né en 1973 dans la commune rurale de Lankoué, dans la région de Bankui, TIM WINSEY grandit au cœur de la tradition San dont il reste un héritier fidèle. Très tôt, il se passionne pour la musique et développe ses aptitudes artistiques au fil de ses études à Koudougou, où déjà son talent se fait remarquer. Animé par une ambition claire, il se donne les moyens de hisser la musique burkinabè sur le toit de l’Afrique et du monde.

Une carrière façonnée par l’expérience collective
En 1996, il s’installe à Ouagadougou et intègre plusieurs groupes et troupes, multipliant les expériences et élargissant son champ artistique. Après un passage au sein du Benda Band, il rejoint la compagnie des chorégraphes Salia Sanou et Seydou Boro, membres de la prestigieuse compagnie française de danse contemporaine de Mathilde Monnier.
Avec eux, il compose la musique de la pièce « Figninto », lauréate du 2ᵉ prix au concours chorégraphique interafricain de Luanda (Angola). Aux côtés du percussionniste Dramane Diabaté, il y déploie son génie créatif en live, liant musique et danse avec une justesse qui conquiert le public. Ce succès lui ouvre les portes de l’Afrique, de l’Europe, de l’Asie et des États-Unis, consacrant son statut d’artiste globe-trotter.

Créateur et collaborateur de haut niveau
En 1999, TIM WINSEY cofonde avec Souleymane Badolo et Lacina Coulibaly la compagnie Kongo Ba Teria. Deux ans plus tard, il s’illustre encore en remportant un prix au concours chorégraphique interafricain de Tananarive (Madagascar) grâce à sa création « Vin Nem » (lumière, en mooré), jouée en live avec son instrument fétiche, l’arc-à-bouche (ou Lolo), qu’il manie avec virtuosité.
De 2007 à 2009, il collabore avec le chorégraphe de renommée internationale Serge Aimé Coulibaly sur une pièce centrée sur l’immigration, confirmant son rôle de compositeur de référence dans la création contemporaine.

Une maîtrise instrumentale exceptionnelle
Au-delà de l’arc-à-bouche, TIM WINSEY enrichit son univers musical avec le n’goni et la kora, instruments qu’il apprend notamment auprès du regretté maître Toumani Diabaté, père de Sidiki Diabaté. Cette polyvalence instrumentale lui permet d’explorer des sonorités variées et d’offrir des performances d’une rare intensité.

Une discographie riche et engagée
TIM WINSEY a marqué son parcours par une discographie où voyage, spiritualité et engagement se croisent :
2004 : « Zessa » – premier opus qui ouvre la voie.
2008 : « Femme » – un hommage vibrant à la femme.
2014 : « Tari Ndari » – troisième album aux sonorités panafricaines.
2023 : « Paix » – maxi prônant la paix comme religion universelle.
2025 : « Mandjeli » – album instrumental conçu pour accompagner la danse, le théâtre, le cinéma et la littérature.
2025-2026 (à venir) : « Waddamana » un projet musical en soutien aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et aux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP).
Chacune de ses productions est accompagnée de la « Wassamana Dance », une danse festive inspirée de la culture San, symbole de réjouissance et de cohésion communautaire.

Une voix pour l’art et la paix
Au fil de ses décennies de carrière, TIM WINSEY s’est imposé comme un créateur de ponts entre tradition et modernité, entre héritage culturel et ouverture au monde. Sa musique, profondément enracinée dans le patrimoine San, se nourrit d’expérimentations contemporaines et témoigne de son engagement pour la paix et la valorisation des cultures africaines.
Plus qu’un simple musicien, TIM WINSEY est une mémoire vivante, un bâtisseur de passerelles culturelles et un porte-flambeau du Burkina Faso sur la scène internationale. Par sa virtuosité, sa créativité et son engagement, il illustre la force de l’art comme instrument de dialogue et de cohésion. Dans un monde en quête de repères, sa voix et ses mélodies résonnent comme un appel à l’unité, à la paix et à la fierté culturelle.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





