La quatrième édition de la Randonnée photographique du Burkina (Photos’OR BF) a poursuivi son parcours ce dimanche 9 août 2026 avec une troisième journée consacrée à la découverte du patrimoine de Sabou. Après Koudougou et Réo, les participants ont posé leurs objectifs sur la mare aux crocodiles sacrés de Sabou, un site où histoire, traditions et mémoire collective se transmettent de génération en génération.

Dès leur arrivée à Sabou, les 28 photographes mobilisés pour cette édition ont entamé la visite de la mare aux crocodiles sacrés de Sabou. La première étape a permis aux participants d’observer les reptiles et de réaliser des prises de vue, avec notamment la présence du patriarche de la mare, présenté comme le plus vieux crocodile du site, âgé de 92 ans.

La visite s’est ensuite poursuivie avec la découverte du récit traditionnel à l’origine du caractère sacré des crocodiles de Sabou. Selon l’histoire racontée aux visiteurs, un ancêtre nommé Tampouré, alors qu’il se trouvait en difficulté après avoir épuisé sa réserve d’eau, aurait été secouru par un crocodile.

Après cette rencontre, Tampouré aurait raconté son expérience aux anciens, qui auraient à leur tour porté l’histoire auprès du chef. Une mare aurait ensuite été creusée à Sabou afin d’accueillir les crocodiles, alors présents dans une autre mare située à environ cinq kilomètres. À la suite des sacrifices effectués et des prières formulées, les crocodiles auraient rejoint la nouvelle mare.

Le Camarade Kiswindsida Ousseni Lionel KABORE, guide touristique, a expliqué aux visiteurs la place particulière accordée aux crocodiles dans la tradition locale. « Depuis ce jour-là, les crocodiles, nous les adorons, nous les considérons comme des humains, on ne doit pas leur faire du mal. »
Cette considération se traduit notamment par les rites funéraires réservés aux crocodiles. Lorsqu’un animal meurt, il n’est pas consommé. Il est enterré et des funérailles sont organisées. Le site constitue également un lieu où certains visiteurs viennent formuler des vœux, selon une procédure traditionnelle encadrée par les responsables du lieu.

La mare compte, selon les informations communiquées lors de la visite, plus de 300 crocodiles, sans compter les plus petits. Les poissons présents dans l’eau constituent une partie de leur alimentation, tandis que les poulets offerts par les visiteurs participent également à leur nourriture.

La visite a fortement marqué les photographes présents. La Camarade Fatimata SIDIBÉ, photographe venue de Bobo-Dioulasso, a notamment apprécié la richesse culturelle de cette étape. « La visite fut vraiment riche, et on a pu capturer les crocodiles. On a beaucoup appris aussi l’histoire de Sabou, comment les crocodiles sont venus ici, comment est-ce qu’ils les ont adoptés pour être sacrés au Sabou. »

Présent sur le terrain, le Camarade Dieudonné T. OUOBA, promoteur de la Randonnée photographique du Burkina et photographe, s’est réjoui de la mobilisation. « Au préalable, on avait voulu 20 photographes. On est sortis véritablement avec 28 photographes sur le terrain durant 72 heures. »

Pour lui, cette édition contribue à constituer une importante banque d’images consacrée au patrimoine burkinabè. La suite du programme est annoncée du 17 au 19 août 2026, avec des expositions et des panels. L’organisation envisage également, pour 2027, d’élargir la découverte à davantage de sites touristiques du Burkina Faso.
À travers cette troisième journée à Sabou, Photos’OR BF 2026 poursuit ainsi son ambition de faire de la photographie un outil de documentation, de valorisation et de transmission du patrimoine culturel et touristique burkinabè.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso



