Pabré accueille du 16 au 18 avril 2026 la FITAMD : le Mali invité d’honneur

À Ouagadougou, la filière manioc du Burkina Faso a officiellement lancé les préparatifs de la première édition de la Foire de l’Innovation, de la Technologie, de l’Agroalimentaire du Manioc et de ses Dérivés (FITAMD), à travers une conférence de presse tenue le 14 avril 2026. L’événement est prévu du 16 au 18 avril 2026 à Pabré, avec la participation du Mali comme pays invité d’honneur, aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin.

D’entrée de jeu, les organisateurs ont présenté cette initiative comme un tournant majeur pour la valorisation de la filière manioc au Burkina Faso. La présidente de l’OIFIMA-BF, Zoumbara/Nana Sabine, a rappelé la nécessité de changer de regard sur cette culture agricole : « Pendant trop longtemps, le manioc a été perçu dans nos contrées comme une production secondaire. Cette époque est révolue », a-t-elle déclaré.

La présidente de l’OIFIMA-BF, Zoumbara/Nana Sabine, a rappelé la nécessité de changer de regard sur cette culture agricole

Dans un contexte marqué par les enjeux de souveraineté alimentaire et de résilience économique, le manioc est désormais positionné comme un levier stratégique pour le développement de l’économie du pays. Pour la présidente de l’OIFIMA-BF, il s’agit d’une opportunité majeure : « Le manioc s’impose comme un levier stratégique pour l’économie du pays », a-t-elle insisté, avant de le qualifier de « racine de résilience ».

Placée sous le thème « Innovations, intensification de la production et industrialisation du manioc », la FITAMD 2026 ambitionne de réunir les acteurs de toute la chaîne de valeur autour d’une plateforme d’échanges et de promotion. Durant trois jours, Pabré deviendra un véritable pôle d’attraction avec des expositions, des formations pratiques, des panels de haut niveau et une soirée de distinction.

La présence du Mali comme pays invité d’honneur, ainsi que celle de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Togo et du Bénin comme pays participants, donne une dimension régionale à l’événement. Les organisateurs y voient une opportunité de partage d’expériences et de solutions communes face aux défis de la filière.

le secrétaire permanent de l’interprofession, Benoît Guissou, « la production nationale ne suffit que pour trois mois d’activité des transformatrices »

Au cours de la conférence de presse, les acteurs ont énuméré les difficultés majeures qui freinent le développement du secteur, notamment l’insuffisance de la production nationale. Selon le secrétaire permanent de l’interprofession, Benoît Guissou, « la production nationale ne suffit que pour trois mois d’activité des transformatrices », obligeant ainsi les acteurs à recourir à l’importation.

Face à cette situation, les professionnels plaident pour un accompagnement renforcé de l’État et des partenaires techniques, notamment à travers la mécanisation, l’irrigation et l’amélioration des variétés. « Sans matière première, on ne peut rien faire », a-t-il insisté.
Malgré ces contraintes, la filière manioc demeure un important vivier économique, en particulier pour les femmes et les jeunes. Les intervenants ont rappelé que le secteur génère de nombreux emplois et offre un potentiel de transformation encore sous-exploité. «
Avec le manioc, on peut créer beaucoup d’emplois et subvenir aux besoins des familles », a souligné une transformatrice.

Ils ont également insisté sur la diversité des produits issus du manioc, estimée à plus de 200 dérivés, appelant à une meilleure valorisation et promotion. « Les gens pensent que le manioc, c’est seulement le tô ou l’attiéké, alors qu’on peut faire beaucoup plus », ont-ils indiqué.

À travers la FITAMD, l’OIFIMA-BF entend ainsi repositionner le manioc au cœur des stratégies de développement économique du Burkina Faso. « Le manioc est notre or blanc. En le transformant, nous créons de l’emploi, nous réduisons les importations et nous nourrissons sainement notre population », a conclu la présidente.

Cette première édition, qui attend plus de 5 000 participants, s’annonce comme un rendez-vous majeur pour la transformation de la filière manioc et la promotion de l’innovation agricole au Burkina Faso.

✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso

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