Ouagadougou a officiellement donné le coup d’envoi des activités de l’Année sino-africaine des échanges culturels et humains 2026, ce jeudi 12 février, à l’Université 3S. Initiée par le Club des jeunes pour la promotion de la coopération sino-burkinabè (CJPC-BF), la cérémonie de lancement a réuni diplomates, universitaires, étudiants et acteurs culturels autour d’une vision commune : consolider les liens entre la Chine et le Burkina Faso à travers la culture, la jeunesse et le dialogue des peuples.

Avant la grande conférence publique, les participants ont été plongés dans l’univers du patrimoine chinois grâce à une danse du lion riche en couleurs et à des démonstrations de kung-fu, alliant discipline, esthétique et symbolisme. Ces prestations ont offert un avant-goût de la diversité culturelle chinoise tout en mettant en avant des valeurs universelles telles que la rigueur, l’harmonie et la résilience. Une visite guidée a ensuite permis aux invités de découvrir les initiatives de coopération sino-burkinabè, favorisant des échanges directs dans une atmosphère conviviale et interculturelle.

Moment central de la journée, la grande conférence publique s’est tenue autour du thème : « Entre sécurité et diplomatie : la place du Burkina Faso face à l’unification de la Chine et à la menace terroriste au Sahel ». Cette rencontre a constitué un cadre d’analyse et de réflexion sur les enjeux géopolitiques contemporains, mettant en lumière les défis sécuritaires régionaux et les opportunités de coopération internationale.
Pour le président du comité d’organisation, Idrissa W. Ramdé, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de dialogue ouvert et constructif.

« Le lancement de cette année d’échanges n’est pas seulement symbolique. Il s’agit d’un espace où la jeunesse burkinabè peut s’informer, dialoguer et se projeter dans un monde de coopération et de solidarité internationale », a-t-il expliqué. Il a également souligné que les activités prévues tout au long de l’année visent à renforcer la compréhension mutuelle entre les peuples.

La programmation annoncée se veut riche et multidimensionnelle : semaine du cinéma chinois, colloques universitaires, conférences thématiques, 7e édition du Forum sino-burkinabè, journée culturelle et compétition de football. Autant d’initiatives destinées à favoriser les rencontres, le partage d’expériences et la découverte réciproque des cultures.

Présidant la cérémonie, l’ambassadeur de la République populaire de Chine au Burkina Faso, son Excellence Zhao Deyong , a rappelé que cette année spéciale découle des engagements pris lors du Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) à Beijing en 2024. « L’Année sino-africaine des échanges humains et culturels vise à renforcer la compréhension entre nos peuples et à bâtir une amitié durable portée par la jeunesse », a-t-il déclaré.

Le diplomate a également réaffirmé la volonté de son pays d’accompagner la jeunesse burkinabè à travers des bourses d’études et des programmes de formation. « Nous souhaitons offrir davantage d’opportunités afin que les jeunes de nos deux pays apprennent les uns des autres et construisent ensemble un avenir de modernisation et de prospérité partagée », a-t-il ajouté.

Présent en tant que conférencier, le président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (CN-CES), Bassolma Bazié, a insisté sur l’importance de la coopération culturelle et éducative dans la lutte contre l’extrémisme violent. « Investir dans la culture et l’éducation, c’est bâtir des sociétés résilientes capables de faire face aux menaces sécuritaires », a-t-il affirmé, appelant à une diplomatie des peuples complémentaire aux actions étatiques.

Huit ans après la reprise des relations diplomatiques entre Pékin et Ouagadougou, cette cérémonie marque une étape significative dans le renforcement du partenariat bilatéral. L’Année sino-africaine 2026 se profile ainsi comme une plateforme d’échanges, d’innovation culturelle et de rapprochement humain, où la jeunesse apparaît comme le moteur d’une coopération tournée vers l’avenir.
À travers cette initiative, Ouagadougou confirme son rôle de carrefour d’échanges culturels et diplomatiques, déterminée à écrire une nouvelle page de la relation sino-burkinabè dans un esprit d’ouverture, de dialogue et de solidarité internationale.
Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso





