Orchestres révolutionnaires : la tournée nationale officiellement lancée à Gaoua

La salle polyvalente de Gaoua, dans la région du Djôrô, a accueilli, le jeudi 15 octobre 2026, le lancement officiel de la grande tournée nationale des orchestres révolutionnaires. Organisée par le Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA), cette initiative s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 39ᵉ anniversaire de l’assassinat du Président Thomas Sankara. Elle vise à préserver et à transmettre son héritage culturel aux nouvelles générations.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités administratives et coutumières, des partenaires, des artistes et des populations venues assister aux prestations des Petits Chanteurs aux Poings Levés et des Colombes de la Révolution.

Dans son intervention, le Directeur général du CENASA, le camarade Ousséna Abraham ABASSAGUE, a rappelé que les Petits Chanteurs aux Poings Levés avaient été créés en 1985 sous l’impulsion du Capitaine Thomas Sankara, afin de favoriser l’épanouissement des enfants à travers la culture. Quant aux Colombes de la Révolution, elles constituent une formation musicale féminine destinée à promouvoir l’expression artistique et l’autonomie des femmes.

Évoquant le choix de Gaoua comme première étape de la tournée, il a expliqué : « Pour notre première tournée en région, nous revenions là où l’homme a, on va dire, commencé sa vie culturelle à l’école primaire. » Il a également salué la relance de ces deux formations musicales sous l’impulsion du Président du Faso, camarade Capitaine Ibrahim Traoré.

Prenant la parole au nom des parrains, camarade Commandant Ollo Palenfo, Secrétaire général du ministère de la Construction de la Patrie, a souligné l’importance de la musique dans l’éducation citoyenne. « Elle rassemble, elle éveille les consciences, elle transmet la mémoire, elle donne du courage quand le chemin est rude », a-t-il déclaré.

Le lancement officiel a été effectué par le Conseiller technique chargé de la Culture et des Sports au Gouvernorat du Djôrô, représentant le Gouverneur de la région. Dans son discours, il a insisté sur la nécessité de préserver la mémoire collective et de transmettre les valeurs révolutionnaires aux générations futures. « Nous ne sommes pas ici pour simplement commémorer. Nous sommes ici pour transmettre. Nous sommes ici pour faire vivre. Nous sommes ici, enfin, pour construire », a-t-il affirmé.

Sur le plan artistique, la soirée a été marquée par plusieurs prestations. La troupe traditionnelle Sifôka-Nobiel de Niobini a apporté une touche patrimoniale à travers les sonorités du xylophone. L’artiste Lilika a également participé à l’animation musicale, tout comme Zéphyrin Hien, figure du patrimoine musical de la région.

Parrain artistique de cette première étape, l’artiste musicien Petit Jésus a offert une prestation au public. Il a également profité de son intervention pour évoquer le Festival de Gaoua et exprimer son souhait de voir les deux orchestres révolutionnaires participer à cette manifestation culturelle.

Les Petits Chanteurs aux Poings Levés ont ensuite investi la scène avec un répertoire consacré aux valeurs révolutionnaires. À travers leurs chants, ces jeunes artistes ont rappelé la place de la musique dans l’éducation, la discipline et la transmission des valeurs patriotiques.

Les Colombes de la Révolution, formation musicale exclusivement féminine, ont également fait valoir leur savoir-faire artistique, mettant ainsi en lumière la contribution des femmes à la préservation et à la valorisation du patrimoine musical révolutionnaire.

La soirée a par ailleurs été ponctuée par une cérémonie de remise d’attestations de reconnaissance à des personnalités ayant contribué à l’organisation de l’événement. Le camarade Commandant Ollo Palenfo a également apporté un soutien financier de 100 000 FCFA aux artistes invités et de 100 000 FCFA au comité d’organisation.

Après cette première étape à Gaoua, la tournée se poursuit le vendredi 16 octobre 2026 à Dissin, au Centre culturel et de loisirs. L’objectif est de rapprocher davantage les orchestres révolutionnaires des populations, tout en faisant de la musique un instrument de transmission de la mémoire, de patriotisme et de cohésion sociale.

Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste, Infos Culture du Faso

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