Le silence est rompu. L’artiste-musicien burkinabè, Tibila a officiellement lancé son deuxième album, « Bayiri », le jeudi 13 août 2026 à l’Espace culturel Noom Naaba, après près de dix ans d’absence sur la scène discographique. Cette présentation, marquée par une conférence de presse et une séance d’écoute et de dédicace, a mobilisé des professionnels des médias, des acteurs culturels, des mélomanes, des fans ainsi que des autorités coutumières.

Intitulé « Bayiri », qui signifie « Mère patrie », le nouvel album est composé de dix (10) titres. Il intervient près de dix ans après « Wendbonsgo », le premier album de Tibila sorti en décembre 2016. Avec cette nouvelle production, l’artiste revient avec une démarche artistique plus affirmée, toujours dans le registre tradi-moderne, mais avec une ouverture à différentes sonorités et à des arrangements contemporains.
Les chansons de l’album abordent des réalités diverses de la société. « Burkina Faso 2 » est consacré à l’attachement à la patrie et appelle à l’union et à la solidarité. « Bangrin Daaga » raconte les rencontres et les aventures amoureuses autour du marché du village. « Duni Yaoga », réalisé en featuring avec Marie Gayerie, porte un regard sur les transformations de la société et la place grandissante de l’argent dans les relations humaines.

Les autres titres poursuivent cette exploration des réalités quotidiennes. « Kiug-I Kiim » évoque les tensions au sein du foyer et les responsabilités familiales. « Gom pa Yondo » rappelle la nécessité de savoir attendre et de laisser chaque chose arriver au moment opportun. « Je t’ai voulu » évoque un amour difficile, tandis que « Sambe Remix », en featuring avec Floby, invite à réfléchir sur le mystère de la vie, les intérêts humains et les apparences.
Avec « Tuum n Yaoda », Tibila met en avant le travail et la persévérance. « Suugri » porte un message de pardon et de réconciliation. « Rogom », pour sa part, adresse une pensée aux femmes confrontées aux difficultés liées au mariage et à la maternité. À travers cette diversité de sujets, l’artiste inscrit son œuvre dans une démarche à la fois musicale et sociale.

Tibila revendique également une dimension patriotique dans son nouvel album. Il affirme vouloir accompagner, à travers sa musique, les Burkinabè face aux difficultés actuelles et encourager la jeunesse à garder espoir.
« Je chante la jeunesse, je parle de mon pays le Burkina Faso. J’encourage les gens à garder courage, l’espoir que demain sera meilleur compte tenu de la situation actuelle que le Burkina traverse. Nous allons vaincre, personne ne pourra nous faire bouger dans notre patrimoine qu’est le Pays des Hommes Intègres. »

L’artiste a aussi adressé un message particulier aux Forces de défense et de sécurité engagées dans la lutte pour la reconquête du territoire national.
« Ce que j’ai comme paroles envers les FDS, c’est de les encourager. Jour comme nuit, elles ont sacrifié leur vie pour nous les civils, pour que le pays retrouve sa quiétude et pour notre lendemain meilleur. Je les encourage tous les jours afin qu’elles ne lâchent rien sans vaincre ; que les mânes de nos ancêtres veillent sur elles. »

La soirée de dédicace a connu une importante mobilisation autour de la vente de l’œuvre. La clé USB contenant l’album a été proposée à 5 000 FCFA. Les distinctions symboliques mises en vente ont également trouvé preneurs : le disque de diamant a été vendu à 1 000 000 FCFA, le disque d’or à 500 000 FCFA, le disque d’argent à 300 000 FCFA et le disque de bronze à 200 000 FCFA.
La présentation de « Bayiri » a également été marquée par une prestation de Tibila devant ses fans, les mélomanes et les autorités coutumières présentes. Ce moment musical a permis au public de découvrir en direct plusieurs morceaux du nouvel album et de partager avec l’artiste cette étape importante de sa carrière.

Présent à la cérémonie, son confrère et proche ami Issouf Manem Yam a salué la sortie de l’œuvre et la persévérance de Tibila.
« Aujourd’hui, c’est le jour de la fête pour nous les artistes et toute la population du Burkina Faso. Cette soirée qui nous a réunis à l’espace culturel Noom Naaba est une grande joie car notre frère Tibila nous a gratifiés d’un nouvel album. Ce n’est pas un single ni un maxi, c’est un vrai album. Ce que Tibila chante, ce sont des conseils. »

Évoquant leur relation, Issouf Manem Yam a également insisté sur la confiance qui les unit depuis plusieurs années.
« Entre moi et Tibila, c’est une histoire de grand frère. Notre première relation c’est l’amitié, puis vient le travail. Quand je veux faire quelque chose rapidement, c’est lui que j’appelle pour me conseiller. »

Né le 1er janvier 1985 à Andemtenga, dans la province du Kouritenga, Tibila a grandi dans un environnement fortement marqué par la musique traditionnelle. Installé à Ouagadougou en 2005, il exerce plusieurs métiers avant de se consacrer progressivement à sa passion artistique. Sa proximité avec Floby lui permet également de perfectionner sa technique et de développer son identité musicale.

Son premier album, « Wendbonsgo », paraît en 2016 et lui ouvre les portes de plusieurs scènes au Burkina Faso et dans la sous-région, notamment en Côte d’Ivoire, au Togo et au Ghana. Dix ans plus tard, « Bayiri » marque donc une nouvelle étape dans son parcours.
« Chaque chose a son temps, nul ne peut contre la volonté de Dieu. Aujourd’hui j’ai fait un album de dix titres et ce n’est que le début d’une nouvelle aurore. », a déclaré Tibila, déterminé à poursuivre son chemin artistique.

Avec « Bayiri », l’artiste entend ainsi renforcer sa présence sur la scène musicale burkinabè et contribuer à la valorisation de la culture nationale. L’album est disponible sur YouTube, Spotify, Deezer, Boomplay et les autres plateformes de streaming.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture Du Faso



