Après treize années d’absence discographique, le Camarade Pierre Minougou effectue son retour sur le devant de la scène avec un maxi de quatre titres intitulé « Zanma ». L’œuvre a été officiellement présentée au public et à la presse le dimanche 26 juillet 2026 à l’Espace culturel Nouvelle Option de Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse dédicace riche en émotions, marquant également la célébration de son 71ᵉ anniversaire. À cette occasion, un gâteau d’anniversaire a été partagé avec les invités venus célébrer ce double événement.

Figure discrète mais respectée de la musique burkinabè, le Camarade Pierre Minougou possède un parcours artistique qui traverse plusieurs décennies. Né le 26 juin 1955 à Katanga, un quartier populaire de Tenkodogo, il découvre très tôt sa passion pour la musique au contact du Tenko-Jazz, l’un des orchestres qui animaient alors la Haute-Volta.

Dans les années 1970, son aventure le conduit à Banfora où, alors qu’il travaille dans une usine sucrière, il est repéré par le comédien Moussa Mamboué. Celui-ci le présente à son frère Zacharia Mamboué, guitariste de l’orchestre Karou Star. Profitant de l’absence du chanteur principal, le Camarade Pierre Minougou interprète Mounafica du Camarade Georges Ouédraogo et convainc immédiatement les responsables de l’orchestre de l’intégrer.

Au fil des années, il évolue au sein de plusieurs formations prestigieuses, notamment Soul System du Camarade Bamogo Jean-Claude, Yelbouna, l’Orchestre de la Justice, Les Burkinbi, l’Orchestre du RCS du Camp militaire 11/78 et Combemba Juniors. Son parcours lui permet de partager la scène avec de nombreuses figures de la musique nationale et de se produire devant le Capitaine Thomas Sankara lors des festivités révolutionnaires.
En 2013, il sort son premier album de six titres, « Belém Baongo ». Faute de moyens pour assurer une promotion à grande échelle, l’œuvre n’obtient toutefois pas le rayonnement espéré.

Treize ans plus tard, le Camarade Pierre Minougou revient avec « Zagma », un maxi de quatre titres composé de « A Paabegué », « San nda twoin pengué », « Wari (Remix) » et « Zanma ». À travers ces différentes chansons, l’artiste aborde notamment la paix, l’amour, la solidarité, les dérives de l’argent ainsi que le rejet du racisme et de la xénophobie.
À propos du titre « Wari (Remix) », l’artiste explique : « Aujourd’hui, si tu as l’argent, même si tu mens, ton mensonge devient une vérité. (…) Mais dans chercher l’argent là, on doit le chercher dans l’humanisme, dans l’amour. »

Évoquant le morceau principal, il tient à apporter une précision : « On s’excuse d’abord parce que, par erreur d’écrit, ils ont écrit Zama. Ce n’est pas Zama, c’est Zagma. Zagma, c’est contre la xénophobie, contre le racisme. Nous nous éloignons de tout mal. C’est le message que renferme ce titre. »

Interrogé sur le bilan de son premier album, le Camarade Pierre Minougou se montre lucide. « Moi je dirais oui et non en même temps. (…) Pour que l’œuvre soit vraiment connue, il faut de l’argent. La promotion, ça manque. Voilà. », confie-t-il, rappelant que ses productions sont réalisées en autoproduction.
Le Camarade Pierre Minougou n’a pas manqué de remercier les responsables de l’Espace culturel Nouvelle Option pour leur accompagnement, tout en lançant un appel au soutien du public afin de permettre à son œuvre de toucher un plus large auditoire.

La soirée a également été marquée par la projection du clip officiel accompagnant le maxi, suivie d’une séance de dédicaces, d’une vente symbolique de clés USB contenant l’œuvre au prix unitaire de 5 000 FCFA, destinée à soutenir la promotion du projet. À l’issue de la cérémonie, le Camarade Pierre Minougou a offert une prestation entièrement en live aux mélomanes et aux nombreux invités venus lui témoigner leur soutien.

En guise de message à ses admirateurs, le Camarade Pierre Minougou a simplement déclaré : « Je remercie tous ceux qui ont écouté ma musique, qui l’ont aimée et qui continuent à m’épauler. Je ne peux dire que Big up. »

Par ce retour artistique, le Camarade Pierre Minougou démontre que la passion n’a pas d’âge et confirme sa volonté de continuer à mettre sa musique au service des valeurs de paix, d’humanisme et du vivre-ensemble.
Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture Du Faso



