En bordure de route, son architecture attire immédiatement l’œil. Le Centre Culturel René Fournier (plus connu sous le nom de Musée Sénoufo de Bobo-Dioulasso) séduit par ses façades ornées de motifs hauts en couleur, véritables invitations à la découverte. Des représentations de masques, de scènes de mariage, de rites funéraires ou encore de scènes de la vie quotidienne ornent ses murs, donnant un avant-goût de la richesse culturelle qui se dévoile à l’intérieur.

Un projet né d’une rencontre entre cultures
Le Centre Culturel René Fournier (Musée Sénoufo) de Bobo est une antenne du centre-mère basé à Sikasso, au Mali. Ces deux structures complémentaires sont le fruit de la vision d’un prêtre italien, le Révérend Père Emilio Escudero. Arrivé en Afrique de l’Ouest, ce missionnaire a partagé la vie du peuple sénoufo pendant plus de quarante ans. Témoin privilégié des mutations sociales et de la dégradation progressive des traditions, il a ressenti la nécessité de contribuer à la sauvegarde et à la valorisation de ce patrimoine culturel unique.
« Pour témoigner sa reconnaissance à ses hôtes, il a voulu apporter sa pierre à la valorisation et à la protection de la culture de ce peuple qui l’a si bien accueilli », explique l’Abbé Mathieu Traoré, responsable du centre de Bobo.

Une institution pour la sauvegarde de l’identité sénoufo
De cette volonté est née l’idée d’un centre de recherche et de conservation consacré exclusivement à la culture sénoufo. Le premier centre a vu le jour en avril 2004 à Sikasso. L’année suivante, en 2005, une antenne a été inaugurée à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, renforçant ainsi le rayonnement transfrontalier de cette initiative.
Aujourd’hui, le Centre Culturel René Fournier ne se limite pas à exposer des objets et des peintures. Il constitue un véritable espace de recherche, de documentation et de transmission. On y découvre une riche collection d’objets traditionnels, de masques rituels, d’instruments de musique, mais aussi des photographies et documents rares retraçant l’histoire et les pratiques sociales du peuple sénoufo.

Un rôle culturel et pédagogique
Le centre se positionne également comme un lieu d’apprentissage. Des ateliers pédagogiques y sont organisés pour les élèves et étudiants, afin de les initier aux valeurs et savoirs traditionnels. Des chercheurs et passionnés de culture y trouvent également une base documentaire précieuse.
« Les deux musées sont complémentaires », souligne l’Abbé Traoré, qui insiste sur le fait que ces structures ne sont pas seulement des vitrines culturelles, mais aussi des espaces vivants où la mémoire collective se construit et se transmet.

Un patrimoine à protéger
À travers le Centre Culturel René Fournier (Musée Sénoufo), c’est l’âme même du peuple sénoufo qui est mise en lumière. Dans un contexte où la mondialisation et les changements sociaux menacent parfois les pratiques ancestrales, cette institution se veut un rempart, un lieu où passé, présent et avenir se rencontrent pour préserver l’identité d’un peuple et la partager avec le monde.

En définitive, le Centre Culturel René Fournier (Musée Sénoufo de Bobo-Dioulasso) ne se limite pas à un simple espace d’exposition : il est une mémoire vivante, un pont entre générations et un symbole de gratitude envers un peuple dont la culture mérite d’être connue, respectée et transmise.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





