La Résidence Ouaga Tout Court a franchi une étape majeure dans l’accompagnement de la jeune création burkinabè. Ce lundi 23 février 2026 à Ouagadougou, après plusieurs mois de formation, d’incubation et de mentoring, des jeunes créateurs engagés dans la réalisation de courts-métrages professionnels ont présenté leurs projets lors d’une séance publique de pitch devant des professionnels du cinéma, de l’audiovisuel, des producteurs locaux et internationaux, ainsi que des partenaires institutionnels. Cet événement a illustré la volonté de la résidence de révéler les talents émergents et de structurer l’industrie cinématographique au Burkina Faso.

Pour Abdoul Salam Koussoubé, coordinateur artistique de la résidence, cette séance marque l’aboutissement d’un long parcours pour les incubés : « Après plusieurs mois d’incubation et de mentoring, ces jeunes sont prêts à rencontrer des producteurs et à présenter leurs projets. Le pitch permet de faire correspondre l’offre et la demande et de révéler de nouveaux talents ». Cette troisième promotion compte dix participants, dont six femmes, porteurs de neuf projets de fiction et d’un documentaire, révélant l’engagement de la résidence pour la diversité et la créativité.

La séance publique a joué un rôle de véritable passerelle entre l’offre et la demande, attirant des producteurs locaux et des professionnels venus de l’extérieur, tous à la recherche de nouvelles pépites cinématographiques. Les incubés ont été formés à toutes les étapes de la production d’un film : des histoires dont ils disposaient à l’écriture d’un scénario complet, en passant par l’image, le son, le montage, le maquillage, le costume et la décoration. Cette approche globale vise à outiller la nouvelle génération afin qu’elle maîtrise tous les aspects de la fabrication cinématographique.

Les formateurs, dont Emmanuel Rotoubam M’Baïdé, scénariste, réalisateur et comédien, ont insisté sur le caractère évolutif de la création : « Écrire un film est un long processus. Ces incubés ont déjà parcouru un chemin impressionnant. Cette séance de pitch est l’occasion de vendre leur projet et de passer de l’idée à la production ». Chaque incubé a eu l’opportunité de présenter son court-métrage, confrontant ses idées aux conseils des professionnels et au regard du public.

Ayolou Izarath, porteuse du projet « Coup de grâce », a expliqué : « Ce court-métrage raconte l’histoire d’une jeune fille confrontée à des compromis dans le monde de la mode pour résoudre une urgence financière. Nous voulons montrer que derrière chaque ambition féminine se cache un combat profond et souvent méconnu ».

À l’issue de la séance, la remise d’attestations de bourse a marqué le coup d’envoi de la concrétisation des projets. L’un des incubés, Alphonse SININII, a témoigné : « Merci à Ouaga Tout Court et à Jiguiya Production pour la confiance accordée à nos projets, ainsi qu’aux producteurs qui nous ont accompagnés. Ces bourses vont nous permettre de donner vie à nos idées ». Grâce à ces soutiens, ces jeunes réalisateurs émergents disposent désormais des ressources et des outils nécessaires pour transformer leurs récits en films professionnels.

Pour Abdoul Salam Koussoubé, cette initiative s’inscrit dans une vision globale des hautes autorités en matière de structuration de l’industrie cinématographique burkinabè : « Ouaga Tout Court n’incube pas seulement des projets, il assure la relève cinématographique et prépare les cinéastes burkinabè et africains de demain. C’est le début de l’insertion professionnelle de ces jeunes dans un secteur audiovisuel de plus en plus créatif et compétitif ».

La troisième session de la Résidence Ouaga Tout Court illustre parfaitement l’importance d’un accompagnement institutionnel et privé pour le développement du cinéma burkinabè. Elle offre aux jeunes talents toutes les clés pour transformer leurs idées en films professionnels, prêts à rayonner au-delà des frontières.
Pour les organisateurs, le cap est désormais mis sur les préparatifs de la quatrième session.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





