Après le lancement officiel à Gaoua, la grande tournée nationale des orchestres révolutionnaires s’est poursuivie le vendredi 16 octobre 2026 au Centre culturel et de loisirs de Dissihn, dans la province du Ioba, région du Djôrô. Organisée par le Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA), cette deuxième étape a réuni autorités administratives, coutumières et religieuses, artistes et populations autour de l’héritage culturel du Président Thomas Sankara.

La cérémonie a débuté par l’hymne national et une prestation de la troupe Zo Faa Bèmanè, suivis des bénédictions de Sa Majesté KÔB-IB II, chef de canton de Dissihn, de l’évêque de Diébougou et du chef de terre. Des prières ont notamment été formulées pour le retour de la paix au Burkina Faso.

Dans son intervention, le chef de canton a salué la renaissance des formations musicales créées sous la Révolution d’août 1983. « Ces deux orchestres sont entrés dans la légende et ont constitué la fierté du Burkina Faso », a-t-il déclaré.
Le président de la délégation spéciale de Dissihn a également souhaité la bienvenue aux différentes délégations, exprimant sa satisfaction d’accueillir cette manifestation culturelle.

Prenant la parole, le directeur général du CENASA, le camarade Ousséna Abraham ABASSAGUE, a rappelé que les Petits Chanteurs aux Poings Levés sont exclusivement composés d’enfants, tandis que les Colombes de la Révolution constituent une formation musicale féminine.
Il a salué leur relance sous l’impulsion du Président du Faso, le camarade Capitaine Ibrahim Traoré, tout en insistant sur l’importance du travail, de l’intégrité et du patriotisme. « Si nous voulons honorer Sankara, il faut mettre en œuvre ce que Sankara dit », a-t-il souligné.

Au nom des parrains, le camarade Dabiré Domenon Jonas, directeur central des opérations de Faso Transit et Logistique, a rappelé la portée éducative de cette initiative. « Le retour des voix vibrantes des orchestres révolutionnaires n’est pas un simple exercice de nostalgie. C’est le signal fort d’un réveil national », a-t-il affirmé.

Le message du gouverneur de la région du Djôrô a été livré par le haut-commissaire de la province du Ioba. Celui-ci a souligné le rôle de la culture dans la préservation de la mémoire collective. « La culture n’est pas un simple divertissement. Elle façonne la conscience des peuples, transmet des valeurs, préserve la mémoire collective », a-t-il indiqué.
Sur le plan artistique, plusieurs prestations ont rythmé la soirée. L’artiste musicienne Odile SOMDA a apporté sa contribution à l’animation musicale, suivie de Roland SOMDA, également présent sur scène pour partager son savoir-faire avec le public.

Parrain artistique de cette étape, Romuald Pascal PODA, plus connu sous le nom de Petit Jésus, a offert une prestation en langue dagara, invitant les spectateurs à danser. L’artiste a également présenté son enfant, membre des Petits Chanteurs aux Poings Levés, illustrant ainsi la transmission artistique entre générations.

Moment particulièrement attendu, la prestation des Petits Chanteurs aux Poings Levés a permis au public de redécouvrir les chants révolutionnaires. Ces jeunes artistes, qui assurent eux-mêmes le chant et l’accompagnement instrumental, ont mis en valeur les idéaux de patriotisme, de discipline et d’engagement citoyen.
Une cérémonie de remise d’attestations de reconnaissance a ensuite permis de saluer l’engagement de plusieurs personnalités ayant contribué à l’organisation et à la réussite de cette deuxième étape.

Les Colombes de la Révolution ont pris le relais avec une prestation musicale mettant à l’honneur la contribution des femmes à la préservation du patrimoine artistique révolutionnaire. Leurs chants ont également rappelé la place de la musique dans la sensibilisation et l’éducation des populations.
À l’issue du spectacle, Sa Majesté KÔB-IB II a exprimé sa satisfaction face à la mobilisation populaire. Il a rappelé que la musique demeure un instrument d’éducation et invité les jeunes artistes à s’inspirer des messages véhiculés par ces deux formations.

Après Gaoua, cette étape de Dissihn confirme la volonté du CENASA de rapprocher les orchestres révolutionnaires des populations et de transmettre aux nouvelles générations un héritage musical étroitement lié à l’histoire du Burkina Faso.
Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso



