Le programme Engagement Féminin ouvre une nouvelle page de son histoire. À l’issue de la 18ᵉ édition, les fondateurs ont officialisé la nomination de la chorégraphe burkinabè Salamata Kobré à la direction du programme. Cette décision marque une étape importante dans l’évolution de cette initiative dédiée à la promotion et à la professionnalisation des femmes artistes en Afrique.

Cette nomination, annoncée lors d’une conférence de presse, s’inscrit dans la vision portée par les initiateurs du programme depuis sa création : renforcer le leadership féminin dans les arts de la scène et permettre aux bénéficiaires d’accéder progressivement aux postes de responsabilité.
« Après dix-huit ans, nous avons décidé de passer la main à une femme, parce que c’est un projet qui concerne les femmes. Nous voulons voir davantage de femmes à la direction des projets, des compagnies et des festivals. À partir de la 19ᵉ édition, Salamata Kobré prendra la direction du programme et nous resterons à ses côtés pour l’accompagner. », ont annoncé les responsables du programme.

Le choix de Salamata Kobré apparaît comme une évidence au regard de son parcours artistique et de son engagement au sein d’Engagement Féminin. Diplômée de la première promotion (2010-2012) du programme triennal de formation « Je danse donc je suis » du Centre de Développement Chorégraphique – La Termitière (CDC), elle évolue dans l’univers de la danse depuis 2005, après avoir débuté dans les danses urbaines.
Au fil des années, elle enrichit son parcours grâce à des formations en danse traditionnelle, afro-contemporaine et contemporaine auprès de figures reconnues, notamment Désiré Bonogo, Irène Tassembédo et Valérie Berger. En 2009, elle intègre le programme Engagement Féminin comme participante avant d’effectuer, en 2016, une immersion au Centre National de la Danse (CND) de Paris afin de perfectionner ses compétences chorégraphiques.

En 2013, Salamata Kobré fonde sa propre compagnie à Ouagadougou et développe une écriture chorégraphique profondément inspirée des réalités sociales, notamment de la condition féminine. Sa première création, Djoussou Kouman, connaît un succès remarqué au Burkina Faso et à l’international, avec des représentations au Festival Danse Bamako ainsi qu’au Festival d’Avignon.
Elle poursuit ensuite son parcours avec plusieurs créations majeures, parmi lesquelles Moom (2020), lauréate du dispositif Visa pour la Création de l’Institut français de Paris, Nos Maux (2023), réalisée en collaboration avec la chorégraphe japonaise Junko, puis Mangeuses d’Âmes (2024), présentée notamment au Théâtre Paris-Villette dans le cadre du festival Génération A.

Au-delà de ses créations personnelles, Salamata Kobré s’est illustrée comme interprète auprès de nombreux chorégraphes africains et internationaux. Elle est également à l’origine du projet Mokou’talè, lancé en 2020 pour accompagner la structuration des troupes de danse traditionnelle de la région du Centre-Est du Burkina Faso, à travers l’Association Fondalè qu’elle préside.
Très investie dans la professionnalisation du secteur, Salamata Kobré siège depuis plusieurs années au comité pédagogique d’Engagement Féminin et est, depuis 2023, membre du Conseil d’administration du Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA). Artiste pluridisciplinaire, elle mène parallèlement une carrière de comédienne et de musicienne, tout en préparant la sortie de son premier album.

Désormais directrice du programme Engagement Féminin, Salamata Kobré aura pour mission de poursuivre la dynamique impulsée depuis dix-huit ans par les fondateurs, tout en imprimant sa vision à ce programme devenu une référence pour la formation, la création et la professionnalisation des femmes chorégraphes africaines.
Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso



