La capitale burkinabè, Ouagadougou, abritera du 21 au 24 mai 2026 la première édition du Festival des Arts du Sahel et de sa Diaspora (FESADI). L’annonce a été faite le mardi 19 mai 2026 au Centre national des arts, du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA), lors d’une conférence de presse animée par les membres du comité d’organisation et plusieurs invités internationaux.

Pensé comme un espace de dialogue entre l’Afrique et ses diasporas, le festival réunira des délégations venues des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), mais également de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Jamaïque, du Brésil, du Suriname, de la Guyane et d’autres territoires afrodescendants.
Durant quatre jours, conférences scientifiques, ateliers thématiques, projections, rencontres culturelles, concerts géants et activités artistiques seront proposés sur plusieurs sites de la ville de Ouagadougou. Des activités sont également prévues à Bobo-Dioulasso afin de donner une dimension nationale à cette initiative culturelle.

Le président du festival, Yacouba Dabo, a expliqué que cette initiative vise à créer un cadre durable de reconnexion culturelle et intellectuelle entre les peuples africains et leurs descendants dispersés à travers le monde. « Ce festival se veut intellectuel, culturel, artistique », a-t-il déclaré, soulignant la volonté des organisateurs de promouvoir les échanges entre le continent et les diasporas.
Selon lui, le FESADI entend mettre en lumière les liens historiques et culturels qui unissent les peuples africains et afrodescendants. « L’idée, c’est de rassembler les peuples d’Afrique de partout dans le monde », a-t-il ajouté.

Le volet scientifique occupera une place importante dans cette première édition. Une commission scientifique, mise en place par les organisateurs, a reçu plus d’une cinquantaine de propositions de communications. Une quinzaine de conférences ont été retenues autour de thématiques liées à l’histoire des diasporas, à l’anthropologie, aux traditions africaines, à l’identité culturelle et aux mémoires de l’esclavage.

Vice-présidente du festival et sociologue martiniquaise, Juliette Smeralda, a insisté sur l’importance d’une reconnexion fondée sur la connaissance mutuelle. « Notre premier axe, c’est la connaissance de l’histoire », a-t-elle affirmé.
La chercheuse, spécialisée sur les questions de domination et d’identité, estime que le festival doit permettre de construire des relations solides entre le continent africain et sa diaspora. « L’objectif, c’est d’entrer en relation, mais dans une vraie relation, rationnelle, bien étudiée », a-t-elle expliqué.

Pour Juliette Smeralda, malgré les siècles de colonisation et d’assimilation, les diasporas ont conservé plusieurs éléments culturels africains. « On a gardé la nourriture, les vêtements, les couleurs, la musique », a-t-elle rappelé.

Le co-organisateur du festival, Kader Coulibaly, a pour sa part évoqué la portée symbolique de cette rencontre culturelle. « Quand on a un ennemi commun, on devient ami », a-t-il déclaré, estimant que plusieurs peuples à travers le monde se reconnaissent dans les mêmes aspirations de dignité et de souveraineté.

Le programme prévoit également deux grands concerts populaires avec des artistes venus de plusieurs pays africains et caribéens, ainsi que des ateliers et projections dans des écoles et universités. Les organisateurs annoncent aussi le lancement d’un projet de mémorial dédié à la mémoire de l’esclavage et un projet de jumelage culturel entre Cap-Haïtien et Ouagadougou.

Malgré certaines contraintes logistiques reconnues par les promoteurs, le comité d’organisation assure vouloir faire du FESADI un rendez-vous culturel majeur pour renforcer les liens entre l’Afrique et ses diasporas.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso



