À Ouagadougou, le comité d’organisation du Festival des Identités Culturelles (FestIC) a officiellement lancé les activités de sa 7e édition à travers une conférence de presse tenue le 30 avril 2026. Initié par le Cinéma Numérique Ambulant Afrique (CNA Afrique), ce rendez-vous s’impose progressivement comme une vitrine majeure de promotion des cultures africaines.

La capitale burkinabè vibrera au rythme de la diversité culturelle du 14 au 18 mai 2026, période retenue pour la tenue de cette édition. Prévu dans le quartier Ouidi, le festival se déroulera également à la Cité universitaire de l’Institut des Sciences (IDS) et à l’ISIS.
Placée sous le thème « Les identités culturelles à l’ère du village planétaire », cette édition entend susciter une réflexion approfondie sur la place des cultures africaines dans un contexte marqué par la mondialisation et les technologies numériques. Il s’agira notamment d’explorer comment préserver les valeurs culturelles tout en tirant parti des opportunités offertes par le numérique.

Prenant la parole, le coordonnateur du CNA Afrique et président du CNA Burkina, Wend-Lassida Ouédraogo, a rappelé le fondement du festival : « Le FestIC est né d’un constat simple mais préoccupant : la disparition progressive de nombreuses richesses culturelles, notamment en milieu rural ». Il a poursuivi : « À travers le cinéma, nous avons choisi de documenter, transmettre et faire vivre ces identités, tout en favorisant la rencontre entre les peuples ».
Depuis sa création en 2018, le FestIC enregistre en moyenne 5 000 spectateurs par édition, avec plus de 600 festivaliers par jour et plus de 25 films projetés. Il constitue aujourd’hui un espace reconnu de dialogue interculturel et de valorisation de la diversité africaine.

Les projections cinématographiques se tiendront du 15 au 17 mai à partir de 18h, sur les sites de Ouidi et de l’IDS. Au total, 28 films issus de 16 pays ont été retenus, répartis en 16 fictions (dont 12 courts métrages et 4 longs métrages), 10 documentaires (3 longs et 7 courts métrages) et 2 films d’animation. Un long métrage hors compétition est également annoncé. Les séances seront suivies d’échanges avec le public, en présence de certains réalisateurs.
Le quartier Ouidi, quartier général du festival, accueillera en parallèle un espace d’animation culturelle avec une scène dédiée aux activités artistiques et musicales en soirée, contribuant à renforcer le caractère populaire et participatif du FestIC.

Selon Wend-Lassida Ouédraogo, cette édition mettra particulièrement en lumière la richesse du patrimoine culturel de la communauté bissa. La soirée du 15 mai sera ainsi consacrée à cette communauté à travers la « Nuit de la résilience », prévue de 20h à minuit. Cette immersion culturelle permettra aux festivaliers de découvrir l’histoire, les traditions, les savoir-faire artisanaux, les expressions musicales et les pratiques sociales des Bissa, dans un cadre propice au dialogue et à la transmission.
Le programme prévoit également des panels, des masterclass, des expositions ainsi que des espaces dédiés aux enfants, traduisant l’engagement du CNA Afrique à promouvoir une culture inclusive, éducative et accessible. Dans cette dynamique de transmission, le festival contribue activement à la formation des jeunes artistes, notamment au CITO et à travers le CIFIS, créé en 2024.

Le panel principal sera modéré par Kadidia Sanogo, journaliste, anthropologue et cinéaste burkinabè, forte de 22 années d’expérience à la télévision nationale du Burkina Faso. Elle a participé à de nombreux festivals, dont le FESPACO, et a également exercé à la Direction de la cinématographie nationale. Retraitée depuis 2023, elle intervient aujourd’hui comme consultante indépendante en audiovisuel.
Le festival prévoit également de décerner cinq (05) prix officiels, à savoir : le prix de la meilleure fiction (long métrage), le prix du meilleur documentaire (long métrage), le prix du public, le prix spécial du jury et le prix du Cinéma Numérique Ambulant. Un jury officiel sera mis en place à cet effet.
Parmi les innovations majeures de cette édition figurent les projections décentralisées dans sept quartiers de la ville de Ouagadougou avant le festival, notamment à Poédgo, Samandin, Bilbalgo, Gounghin et Kamsonghin (arrondissement 1), ainsi qu’à Larlé (arrondissement 2) et Nimnin (arrondissement 9). Une exposition des œuvres d’art des artisans du village artisanal de Ouagadougou est également annoncée.

Cette 7e édition est placée sous le patronage de Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, porte-parole du gouvernement ; et sous le co-parrainage de Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme du Mali, et du professeur Adjima Thiombiano, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et président de la Commission nationale burkinabè pour l’UNESCO.
Soutenu par plusieurs partenaires, le FestIC se positionne comme un outil de cohésion sociale et de promotion du vivre-ensemble. Comme l’a souligné son coordonnateur : « construire des ponts et non dresser des murs entre les communautés ».
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso



