À l’occasion de la célébration en différé de la Journée internationale des droits des femmes, l’association African Culture a organisé, le 12 mars 2026, une activité solidaire à la Maison d’arrêt et de correction pour femmes (MACF) de la MACO à Ouagadougou. Portée par le Festival “Un Vent de Liberté”, cette initiative a réuni artistes, responsables pénitentiaires et invités autour des femmes détenues et de leurs enfants, dans un esprit de solidarité, d’espoir et de dignité.

La cérémonie a rassemblé responsables pénitentiaires, acteurs culturels, partenaires et invités venus partager un moment d’échanges avec les femmes incarcérées. Au programme de cette journée : témoignages, animations artistiques, causeries éducatives, remise de dons et partage de repas communautaires. L’objectif était d’apporter du réconfort aux détenues tout en créant un cadre de dialogue et de convivialité.

Dans son mot de bienvenue, Mariam Zangouiba, Inspecteur de la Garde de Sécurité Pénitentiaire (GSP) le corps chargé de la surveillance, de la sécurité et de l’encadrement des détenus dans les établissements pénitentiaires et directrice de la Maison d’arrêt et de correction pour femmes (MACF), a salué cette initiative et exprimé sa reconnaissance envers les organisateurs. Elle a souligné l’importance de telles activités qui contribuent à redonner espoir aux femmes détenues et à leur rappeler qu’elles ne sont pas oubliées par la société.
Selon elle, la présence des invités et des artistes constitue un message fort d’encouragement pour ces femmes qui traversent une période difficile de leur vie. Elle a également insisté sur la nécessité de soutenir les actions favorisant la réinsertion sociale des détenues et le maintien du lien avec la communauté.

Président de l’association African Culture et promoteur du festival, Freeman Tapily, de son vrai nom Idrissa Sawadogo, a rappelé que l’objectif principal de cette initiative est d’humaniser le milieu carcéral et de maintenir un lien entre les détenus et la société.
« Personne n’est totalement à l’abri des épreuves de la vie. Ces activités permettent d’apporter un peu de réconfort et de préparer la réinsertion sociale des détenues », a-t-il expliqué.

Il a également indiqué que le Festival “Un Vent de Liberté” mène régulièrement plusieurs actions dans les maisons d’arrêt et de correction, notamment des assistances médicales et juridiques, des repas communautaires, des prestations artistiques, des remises de dons ainsi que des parrainages pour les enfants vivant avec leurs mères en milieu carcéral. Ces initiatives visent à maintenir l’espoir et à favoriser la réinsertion sociale des personnes détenues.

Parmi les moments forts de la journée, la causerie animée par l’artiste chanteuse Awa Sissao a particulièrement retenu l’attention. Invitée à échanger avec les détenues autour du thème de la maîtrise des émotions, elle a insisté sur l’importance de la dignité et de la solidarité entre femmes. Selon elle, de nombreuses situations dramatiques trouvent leur origine dans des émotions mal maîtrisées.
« Une femme doit comprendre qu’elle a une place importante dans la société. Nous sommes le berceau de l’humanité. Quand une femme tombe, c’est toute la société qui vacille », a-t-elle affirmé, encourageant les détenues à transformer cette période de leur vie en un moment de réflexion et de reconstruction personnelle.

Touchée par les réalités vécues par les femmes détenues, l’artiste a également lancé un appel à la solidarité féminine, notamment envers celles qui élèvent leurs enfants en prison. « La liberté n’a pas de prix. Mais ces femmes ont aussi besoin de soutien moral et matériel pour garder espoir », a-t-elle souligné.

L’événement a également enregistré la présence de plusieurs personnalités du monde artistique et culturel venues témoigner leur solidarité aux femmes détenues. Parmi elles figuraient Grand Docteur, l’artiste musicienne Wedra et Daisy Bofola, Grand Bougma, ainsi que la maquilleuse professionnelle Françoise Sédogo, entre autres invités.

Un moment de convivialité a également marqué cette journée avec le repas offert par la cheffe Djenebou Banao, détentrice d’un record Guinness, présente pour l’occasion avec toute son équipe. Ce geste de générosité a permis aux détenues et aux invités de partager un moment de fraternité autour d’un repas placé sous le signe du partage et de la solidarité.

Du côté des bénéficiaires, l’émotion était palpable. Représentante des détenues, Lucie Zon (nom d’emprunt) a exprimé sa reconnaissance envers les organisateurs et les invités. « Nous ne nous attendions pas à un tel geste. Ce moment nous apporte de la joie et nous rappelle que nous ne sommes pas oubliées », a-t-elle confié, invitant les femmes à rester dans la prière et à apprendre à maîtriser leur colère.
À travers cette initiative, les organisateurs entendent renforcer la solidarité sociale et rappeler que, même derrière les barreaux, les femmes détenues restent des mères, des citoyennes et des êtres humains dignes de respect et d’attention.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso





