La 4ᵉ édition de la Biennale Internationale de Sculpture de Ouagadougou (BISO), a ouvert ses portes, le 20 novembre 2025 au siège du FESPACO et se poursuivra jusqu’au 22 décembre. Organisée par l’association Art et Culture et soutenue par l’Union européenne, cette manifestation réunit seize artistes venus du Burkina Faso, du Maroc, du Zimbabwe, de la Belgique et d’une quinzaine de pays africains et de la diaspora. Placée sous le thème: « Insoutenables Frontières», cette édition, explore les limites visibles et invisibles qui traversent les sociétés contemporaines à travers la sculpture.

Les œuvres exposées utilisent une grande diversité de matériaux : bronze, pierre, bois, fer, paille, tissu ou argile. Certaines créations évoquent la mémoire des ancêtres, d’autres interrogent des enjeux contemporains comme l’immigration ou la fragilité des sociétés, tandis que certaines offrent des visions poétiques et futuristes. Nyaba Léon Ouédraogo, président de la BISO, insiste sur la dimension symbolique de la sculpture : « La sculpture n’est pas un simple objet, mais un passage. Un seuil entre l’humain et la matière, entre le végétal et le minéral, entre le visible et l’invisible. Chaque œuvre ouvre une porte vers un autre monde. La BISO devient un sanctuaire de formes vivantes. Les artistes sculptent le temps, la mémoire et l’espérance. Chaque sculpture est une prière silencieuse et chaque artiste, un passeur de lumière ».

L’inauguration a été marquée par la présence de Nestor Kahoun, représentant du ministère en charge des Arts et de la Culture, et de Philippe Bronchain, ambassadeur désigné de l’Union européenne au Burkina Faso. Dans son allocution, ce dernier a souligné le rôle de la culture comme moteur d’innovation, d’unité et de dialogue entre les peuples, et a salué la résilience des artistes.

L’exposition inaugurale, « La Nuit du Pagne Tissé », rend hommage à plusieurs figures emblématiques du Burkina Faso, dont Thomas Sankara, Diaba Lompo, Djimbi Ouattara et la princesse Yennenga. Les sculptures en bronze, disposées sur un sol parsemé de coton, créent un lien sensible entre tradition, mémoire et créativité contemporaine. Selon Nyaba Ouédraogo, cette installation offre une vision vivante de ces héros nationaux et rappelle la sculpture comme gardienne de l’identité culturelle.

Parmi les œuvres marquantes, celle de Mohamed Ouédraogo aborde l’immigration clandestine avec un sabre, des filets dressés et des marionnettes en mouvement, donnant au thème des frontières une dimension humaine et émotionnelle.

Créée en 2019, la BISO s’impose aujourd’hui comme une plateforme incontournable pour la sculpture contemporaine africaine, offrant visibilité et échange aux artistes. Ouverte gratuitement, la Biennale transforme le FESPACO en un espace où tradition, innovation et spiritualité se rencontrent, confirmant Ouagadougou comme un carrefour majeur de la création artistique sur le continent.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





