Projet «Germe» : des acteurs culturels outillés en commissariat d’expositions

«Germe», c’est l’intitulé du projet initié par la Biennale internationale de sculpture de Ouagadougou (BISO) au profit des commissaires d’expositions. La phase formation du projet a connu son épilogue ce 15 décembre 2022, deux semaines après son lancement officiel.

Les neuf (9) commissaires d’expositions à prendre part à ce projet

Permettre aux curateurs et curatrices du Burkina Faso d’aller puiser chez les artistes plasticiens burkinabè afin de pouvoir faire des expositions, c’est là tout le bien-fondé du projet «Germe». Et à en croire l’artiste photographe Nyaba Ouédraogo, par ailleurs commissaire général de la BISO, l’idée de «Germe» vient du fait qu’au Burkina Faso, il y a une pléthore d’artistes créateurs mais il manque celui-là même qui anime la société des artistes. Autrement dit, les artistes ont de la vision mais il manque des personnes qui puissent aller les rencontrer et prendre leurs créations pour les mettre à la lumière.

l’artiste photographe Nyaba Ouédraogo, par ailleurs commissaire général de la BISO,

Ils sont donc neuf (9) commissaires d’expositions à prendre part à ce projet qui est bâti sur deux ponts essentiels, à savoir d’une part la formation et d’autre part la phase pratique qui sera l’exposition. Deux semaines durant, ils ont été formés sur les différents outils du métier de curateur. « Sans les curateurs, il n’y aura pas d’éclosion d’artistes. Et c’est parce qu’il y a ce manque, que le domaine des arts plastiques ne décolle pas au Burkina Faso. Par conséquent, il y a peu d’artistes plasticiens qui sont visibles à l’international. Le curateur est donc le trait d’union entre les marchands, les institutions publiques et privées, etc. Il doit donc avoir une vision artistique », a laissé entendre monsieur Ouédraogo.

Le Délégué général du FESPACO, Alex Moussa Sawadogo

Du reste, les participants disposeront chacun d’une dotation de 500.000 F CFA afin de produire des expositions. Et des dires de monsieur le commissaire général de la BISO, ces expositions se dérouleront sur des thèmes bien définis, sûrement au cours de l’édition 2023 du FESPACO. Pour atteindre les objectifs visés à travers ce projet, l’initiateur a fait appel à deux curateurs comme formateurs, parmi lesquels l’actuel Délégué général du FESPACO, Alex Moussa Sawadogo. « Lorsqu’on parle de germe, on parle aussi de créations; et qui parle de créations, sait qu’il y a un moment où on a besoin des hommes et des femmes qui puissent les mettre à la lumière. Et donc le travail d’un directeur artistique, d’un curateur ou encore d’un commissaire est d’aller chercher ces pépites pour pouvoir les rendre visibles. C’est un travail délicat, peu connu sur le continent africain. Il est important pour tout évènement culturel qui veut aller loin d’avoir un directeur artistique, mais bien formé », a signifié le formateur monsieur Sawadogo.

Mariam Sougué, galeriste, responsable de la galerie Kanudya et participante à la formation

Toujours selon ses propos, il n’y a pas véritablement une recette à donner à ces apprenants. Il faut juste dit-il, être curieux, avoir une force intellectuellle et artistique et éviter les complaisances. Qu’à cela ne tienne, ils ont été également outillés sur le réseautage. Mariam Sougué, galeriste et responsable de la galerie Kanudya, n’a pas manqué d’exprimer son satisfecit vis-à-vis du projet. « En tant qu’organisatrice d’évènement, il était important pour moi de participer à cette formation en vue de renforcer mes capacités. C’est vrai que j’avais déjà une base en commissariat d’expositions grâce à l’appui du Goethe-Institut, mais cette seconde formation vient comme un ajout. Du reste, j’ai beaucoup appris, notamment sur comment présenter un projet; comment trouver les personnes qu’il faut pour sa réalisation; faire le bilan, etc. Nous avons également travaillé sur le question du réseautage », a déclaré Mariam Sougué.

Le participant Michel Gnada, chargé de communication culturel de l’espace Napambéogo

Quant au participant Michel Gnada, chargé de communication culturel de l’espace Napambéogo, il a tenu à saluer l’initiative en ce sens qu’elle viendra bonifier ses connaissances en termes d’organisation d’évènements culturels. Dans le domaine du commissariat d’expositions, la rigueur selon lui, doit toujours être le maître-mot. Il ne doute donc point que cette formation lui permettra de devenir un véritable curateur.

En rappel, le projet «Germe» est porté par la BISO, avec l’appui financier du Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT).

Boukari OUÉDRAOGO

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