Professionnalisation des metiers des arts de la scène: la Compagnie Arts en Intersection outille deux conteuses

« Les espaces poétiques du raconté et la force du verbe », c’est l’intitulé de la formation initiée par la Compagnie Arts en Intersection au profit de deux conteuses. La clôture de la présente formation est intervenue ce vendredi 15 juillet 2022 au sein de l’Espace Grâce Théâtre à Ouagadougou.

Depuis sa mise en place il y a maintenant une quinzaine d’années, la Compagnie Arts en Intersection s’est toujours inscrite dans la dynamique de participer à la professionnalisation du métier du théâtre, ainsi que d’autres métiers des arts de la scène. Cette session de formation sur « Les espaces poétiques du raconté et la force du verbe » repond donc à cette logique. Et pour Paul Zoungrana, responsable de la compagnie, cette formation a été initiée à partir du constat selon lequel beaucoup de formations sont destinées à l’initiation au conte. De son avis, des jeunes sont à chaque moment initiés au conte mais il n’y a rarement une autre formation pour les pousser sur le raconté, sur le travail du conteur professionnel.

Ce sont donc deux jeunes conteuses dont Hafissata Coulibaly et Karidia Barro qui ont bénéficié de cette fenêtre de formation. « Nous avons voulu mettre en place cette formation d’un niveau intermédiaire entre les débutants et les professionnels pour les hisser vers un niveau professionnel, casser tous les concepts carrés qui figent le conte et qui finissent par tuer l’histoire et notre force de raconté. C’est un travail de questionnement du conteur, des différents outils que le conteur utilise pour tenir les paroles, les différentes valeurs de la parole, du silence dans la parole, des notions de la poésie. C’est tout cela qu’on a voulu donner à des conteuses qui essaient sur le terrain. Elles ont déjà une expérience et il s’agit de les pousser à aller encore plus loin », a-t-il soutenu.

Quinze inscrits au départ, seulement quatre conteurs ont été sélectionnés, pour finalement deux retenues pour la formation proprement dite. Durant deux semaines, les deux conteuses retenues ont été essentiellement formées sur la notion de l’imaginaire; la notion de prise en compte des accidents de l’espace scénique; la notion de convocation des outils artistiques pour raconter des histoires comme ceux du théâtre, la présence scénique, l’émotion, etc. Du reste, elles ont présenté à l’occasion de la restitution de cette formation, un exercice pratique sur un conte intitulé « L’histoire de la hyène ».

Hafissata Coulibaly, conteuse bénéficiaire de la formation (t-shirt noir)

Pour Hafissata Coulibaly, conteuse bénéficiaire de la formation, la présente formation répond à un besoin spécifique, celui de leur permettre de découvrir d’autres manières de raconter. En d’autres termes, convoquer le conte, le raconter et faire en sorte que le public n’entende que des sons de l’histoire oubien la raconter de telle sorte que le public découvre plusieurs façons de percevoir l’histoire, plusieurs façons de la raconter. Cela dit, Hafissata confie ne pas savoir cela auparavant. Avec cette formation, c’est désormais possible selon ses dires.

la deuxième bénéficiaire, Karidia Barro (t-shirt rouge)

Même cloche pour la deuxième bénéficiaire, Karidia Barro. « C’était un moment de découverte. Au début, on avait tendance à prendre une histoire, à la bosser par cœur. Mais avec cette formation, nous avons compris qu’il y a plusieurs manières de raconter une histoire avec différentes portes poétiques et dans l’ensemble, tout s’est bien déroulé », nous a-t-elle confié. En effet, l’exercice a consisté pour chacune des deux conteuses de conter « L’histoire de la hyène » de trois manières différentes. Et selon les propos du formateur Paul Zoungrana, elles n’ont eu que trente minutes pour préparer cet exercice.

Boukari OUÉDRAOGO

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