«Vieilles filles» : Landry Wendy NARE brise le silence sur la pression du mariage

Ouagadougou a accueilli, le 25 juin 2026 à l’Espace culturel Gambidi, la deuxième restitution du programme Compagnonnage de l’Institut de Recherche Théâtrale du Burkina (IRTB), avec la présentation du spectacle «Vieilles filles» mis en scène par Landry Wendy NARE. Cette création marque l’aboutissement d’un processus de formation artistique et d’incubation de jeunes metteuses en scène burkinabè, soutenu par plusieurs partenaires culturels et techniques.

Portée par la troupe Éclosion Théâtre dans le cadre du dispositif Compagnonnage, l’œuvre est une adaptation d’un texte de Vagba Abou de Salles intitulé «Maquillage». La metteuse en scène a choisi de revisiter ce récit pour l’ancrer dans les réalités sociales contemporaines, notamment la question du célibat féminin et des pressions sociales liées au mariage.

« Vieilles filles » de Landry Wendy NARE se veut une pièce théâtrale tirée du texte Maquillage de Vagba Abou de Sales, qui résume l’histoire d’une femme adulte, instruite et active, mais réduite par la société à une seule étiquette infamante.

Lors de la soirée, la metteuse en scène n’a pas caché son émotion. « C’est l’émotion. Je prends la parole pour traduire mes sincères remerciements à Caramade Paul Pingdwendé Zoungrana, responsable de l’IRTB, grâce à qui ce projet de création a eu lieu », a-t-elle déclaré. Elle a également salué l’ensemble des acteurs institutionnels et techniques ayant accompagné la création, notamment l’espace culturel Gambidi et ses équipes.

Dans son intervention, elle a rappelé l’importance du dispositif de formation : « Ce projet est né avec l’appui de l’Institut de Recherche Théâtrale du Burkina dans le cadre du compagnonnage de formation artistique et d’incubation de metteurs en scène », tout en remerciant les formateurs, les médias culturels et les techniciens.

La mise en scène de Vieilles filles aborde une thématique sociale sensible : le regard porté sur les célibataires dans la société. Selon la metteuse en scène, cette création vise à déconstruire les stéréotypes sociaux : « C’est le regard de la société envers ces gens qui m’a incitée à créer cette pièce de théâtre », explique-t-elle, avant d’ajouter : « Il faut les accompagner, il ne faut pas les stigmatiser. Il faut plutôt les encourager. »

Le spectacle met en lumière les pressions sociales exercées sur les individus considérés comme “en retard” dans le mariage, une situation pouvant entraîner exclusion et souffrance psychologique. La metteuse en scène insiste sur la nécessité de changer les mentalités : « Ce n’est pas ton statut matrimonial qui définit ta place dans la société, mais ce que tu apportes à cette société ».

Présent à la cérémonie, le directeur de l’IRTB, Paul Pingdwendé Zoungrana, a salué la qualité du travail accompli et la progression des jeunes artistes formés dans le cadre du programme. « C’est un programme d’incubation et de formation. On voit la progression de cette metteuse en scène qui a suivi plusieurs mois de formation en adaptation, écriture dramatique et mise en scène », a-t-il souligné.

Il a également rappelé les exigences du métier : « Être metteur en scène demande beaucoup d’abnégation et de courage, car il faut coordonner, penser et produire à la fois », tout en insistant sur la nécessité de soutenir davantage les femmes dans ce domaine artistique.

Dans le débat critique, l’enseignant en études théâtrales à l’Université Nazi Boni de Bobo-Dioulasso, Boukari Tarnadga, a salué la qualité de l’œuvre et la performance des comédiennes. Il affirme : « Je trouve que c’est une pièce vraiment magnifique, bien interprétée par ces deux grands acteurs, OUINDIGA Justin alias GSK et Minata Diene ».

Il souligne également la portée sociale de la création : « Ils nous ont amenés dans un problème qui est vraiment réel, un problème de société comme le traite habituellement le théâtre, surtout le problème auquel sont confrontées les femmes », avant d’ajouter : « La société doit prendre en compte ces personnes-là, qui sont parfois isolées, et les écouter aussi ».

La représentation de »Vieilles filles» marque ainsi la fin du parcours de formation de cette promotion du Compagnonnage, qui a permis à plusieurs jeunes créatrices de développer leurs projets de manière autonome. Les représentations se poursuivent les 26 et 27 juin 2026 à Gambidi, à partir de 20h.

Les billets sont fixés à 2 000 FCFA pour le grand public et 1 000 FCFA pour les élèves et étudiants.

✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso

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