Le mardi, 10 mars 2026, s’est tenue à Ouagadougou, la projection du premier épisode de la série « Une femme à Kosyam ». C’est une fiction politique réalisée par Serge Armel Sawadogo. Cette œuvre audacieuse imagine une femme à la tête du Burkina Faso en bousculant les codes traditionnels du pouvoir. Il s’agit d’une invitation à réfléchir sur l’avenir du Burkina Faso et la place des femmes dans la sphère politique burkinabè.

« Une femme à Kosyam » est une plongée dans les arcanes du pouvoir, où la présidente Suzanne Traoré doit naviguer entre les intrigues politiques et les défis de la gouvernance. Dans cette fiction, le Burkina Faso découvre que son sous-sol regorge de pétrole. Cette nouvelle richesse suscite convoitises, intrigues et luttes d’influence. Le pays parviendra-t-il à éviter la « malédiction de l’or noir », phénomène observé dans plusieurs pays producteurs de pétrole ? Confrontée au sexisme et aux manipulations politiques, la présidente Suzanne Traoré devra également faire face à de nombreux complots pour conserver le pouvoir et défendre les intérêts de son pays.

À travers cette série, le réalisateur aborde plusieurs thématiques majeures, notamment le leadership féminin, la gouvernance, la souveraineté nationale, la corruption et les rapports de force politiques. Pour Serge Armel Sawadogo, l’idée du projet repose avant tout sur une réflexion autour du leadership. « Une femme à Kosyam, j’avoue que c’est l’idée de voir dans quelle mesure les principes de leadership pourraient être partagés, que ce soit avec des femmes ou avec des hommes. Je pense que le leadership repose sur des principes et qu’une femme ou un homme qui les met en pratique peut diriger », explique Serge Armel Sawadogo.

Le réalisateur indique également que le thème du pétrole occupe une place centrale dans le scénario. Selon lui, certaines prédications évoquant une possible découverte de pétrole au Burkina Faso ont nourri sa réflexion. « L’idée, c’est de voir dans quelle mesure on peut préparer le Burkina à gérer mieux ses matières premières. Parce que, dans plusieurs pays où il y a du pétrole, on parle souvent de la malédiction de l’or noir », souligne-t-il.
La réalisation de cette série a nécessité un travail important sur le plan technique et humain. Le tournage s’est étalé sur cinq mois et a mobilisé près de quarante techniciens ainsi qu’environ 200 figurants pour cette première saison.

La série a également bénéficié de plusieurs soutiens institutionnels et partenaires, notamment le ministère de la Culture à travers le Fonds de développement culturel, ainsi que des partenaires internationaux. Elle a par ailleurs été sélectionnée au FESPACO 2025, signe de l’intérêt qu’elle suscite dans le milieu du cinéma africain.
Par ailleurs, le réalisateur a confié que des discussions sont en cours afin que la série soit prochainement diffusée sur la télévision nationale burkinabè.

Du côté des acteurs, la thématique abordée a été particulièrement appréciée. Le rôle de la présidente Suzanne Traoré est incarné par l’actrice Georgette Paré, qui espère que cette fiction contribuera à changer certains regards sur la place des femmes dans la société.
« On peut rêver, mais la plupart du temps ce qui naît de l’imaginaire peut aussi devenir réalisable. Aujourd’hui, les mentalités évoluent et les femmes sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans ce type de carrière. Il est important de montrer que le pouvoir n’est pas réservé uniquement aux hommes », affirme Georgette Paré.

Pour l’actrice, l’objectif est également d’encourager les jeunes filles à croire en leurs capacités et à viser des responsabilités importantes.
« Une femme peut, un jour, devenir présidente du Faso. Voir une femme accéder au pouvoir peut contribuer à mieux prendre en compte certaines questions liées à la condition féminine et au genre. Cela peut aussi aider les jeunes filles à poursuivre leurs études et à s’engager dans des carrières ambitieuses », ajoute-t-elle.

La première saison de « Une femme à Kosyam » compte sept épisodes de 52 minutes chacun. L’intégralité de la série est accessible en ligne à travers le lien suivant :
https://bit.ly/4rPCXbL
À travers cette fiction politique, les créateurs souhaitent susciter une réflexion sur l’avenir du pays, la gestion de ses ressources et la place des femmes dans les sphères de décision.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





