La 4ᵉ édition de la Semaine du Film Burkinabè (SeFiB) a officiellement ouvert ses portes ce dimanche 7 décembre 2025 dans une atmosphère de grande mobilisation au CENASA. Placée sous le thème « Cinéma et révolution : éveil des consciences et souveraineté des peuples », cette édition se veut un rendez-vous stratégique pour réaffirmer la place du cinéma dans la dynamique de décolonisation culturelle et de construction citoyenne. Devant un public composé de cinéastes, d’acteurs, de techniciens, d’étudiants et de passionnés du 7ᵉ art, la cérémonie d’ouverture a donné le ton d’une semaine qui s’annonce riche en partage, en réflexion et en célébration du génie créatif burkinabè.

Représentant le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, le secrétaire général Fidèle Tamini a salué la constance du CENASA, qui parvient chaque année à renforcer la visibilité des œuvres nationales malgré un contexte marqué par de multiples défis. Sa présence a témoigné du soutien institutionnel envers une initiative devenue essentielle dans le paysage culturel du Burkina Faso, mais aussi dans l’accompagnement des nouveaux talents en quête de plateformes d’expression.

Prenant la parole, le directeur général du CENASA, Abraham Abassagué, a livré un message profondément ancré dans la vision d’un cinéma porteur de sens et de transformation sociale. Il a rappelé que le cinéma demeure un outil d’une puissance rare, capable à la fois d’aliéner ou de libérer les mentalités selon la manière dont il est utilisé. Dans le contexte actuel où le Burkina Faso engage une véritable révolution culturelle, il a insisté sur la nécessité pour les cinéastes burkinabè de s’approprier cet outil pour reconstruire l’imaginaire collectif, raviver la mémoire historique et contribuer à l’affirmation d’une identité souveraine. Selon lui, la SeFiB doit rester un cadre de réflexion et de transmission destiné à inspirer les jeunes générations.
Le parrain de cette édition, Son Excellence Filippe Savadogo, a livré un message empreint de profondeur. Il est revenu sur l’évolution fulgurante du cinéma mondial, passé des bobines aux technologies numériques, des effets spéciaux artisanaux à la réalité virtuelle, en passant par les nouveaux modèles transmédias qui bouleversent les modes de narration. À travers son discours, il a salué la résilience des créateurs burkinabè qui continuent de produire des œuvres appréciées malgré les obstacles sécuritaires et économiques. Il a rappelé qu’au Burkina Faso, les bases d’une véritable souveraineté cinématographique ont été posées dès les années 70 avec la SONAVOCI, la construction de salles modernes et le financement public de la production, permettant l’émergence des premières œuvres majeures du pays. Les références à Le Sang des parias, Tilai, Buud Yam et à l’Étalon d’or 2025 Katanga : La danse des scorpions de Dany Kouyaté ont rappelé la richesse d’une tradition filmique qui continue de rayonner.

L’un des moments les plus émouvants de la soirée a été l’hommage vibrant rendu au maître du cinéma burkinabè, Gaston Kaboré. Paré d’un Faso Danfani spécialement conçu pour l’occasion et inspiré de ses œuvres emblématiques, le réalisateur a reçu une longue ovation du public. Un trophée et une attestation lui ont été remis en reconnaissance de son immense contribution à la formation et à l’essor de générations de cinéastes. La projection inaugurale de son film culte Buud Yam a clôturé avec éclat cette première soirée.
Cette édition 2025 propose une vingtaine de projections, une journée dédiée aux figures historiques africaines, une séance éducative pour les scolaires, une soirée rétro et diverses animations au sein de l’Espace Aéré Amadou Balaké. Plus qu’un simple programme, elle confirme la volonté de renforcer le rôle du cinéma comme outil d’éveil citoyen et de consolider la place du Burkina Faso parmi les nations majeures du 7ᵉ art africain.
crédit photos : lefaso.net
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





