La professionnalisation des métiers de l’artisanat a été au centre d’un panel organisé dans le cadre de Photos’OR BF 2026, le lundi 17 août 2026 à Ouagadougou. Placée sous le thème « De la passion à l’entreprise : la carte professionnelle d’artisan, un levier de reconnaissance et de croissance », la rencontre s’est tenue dans la salle de conférence de Beoogolab, à Somgandé, avec la participation de représentants de la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Burkina Faso (CMA-BF) et de professionnels de la photographie.

La communication a été assurée notamment par le camarade Hermann Nikiéma, agent au service des registres de métiers de la CMA-BF, et le camarade Zié Kambou, agent à la Direction de l’animation économique et de la prospective. Les échanges ont permis aux participants de mieux comprendre le rôle de la CMA-BF, les différentes catégories de métiers de l’artisanat ainsi que les possibilités offertes aux professionnels qui disposent d’une carte professionnelle d’artisan.
La CMA-BF est une institution publique professionnelle chargée notamment de contribuer à l’organisation et à la modernisation du secteur de l’artisanat au Burkina Faso. Le secteur regroupe plusieurs branches d’activités, parmi lesquelles l’agroalimentaire, la construction, le textile, le bois, l’hygiène et les soins corporels, mais également l’audiovisuel et la communication.

Cette dernière branche a particulièrement retenu l’attention au cours du panel. Les représentants de la Chambre ont expliqué que les photographes, cameramans et autres professionnels de l’audiovisuel peuvent être reconnus comme artisans au même titre que les acteurs des autres métiers.
« Malheureusement au Burkina, il y a beaucoup de personnes qui ne savent pas que l’audiovisuel et la communication font partie de l’artisanat », a relevé le camarade Hermann Nikiéma, appelant les professionnels du secteur à mieux connaître leurs droits et les dispositifs d’accompagnement existants.
Au-delà de la reconnaissance du métier, la carte professionnelle d’artisan constitue un outil de formalisation. Selon les explications données, elle permet notamment l’immatriculation de l’artisan au registre des métiers et participe à la reconnaissance officielle de son activité.

« La carte professionnelle, c’est une reconnaissance formelle de l’État que vous êtes artisan et que vous exercez tel métier », a expliqué le camarade Hermann Nikiéma. Cette reconnaissance peut également être utile dans le cadre de certaines démarches professionnelles, notamment lors des déplacements à l’étranger ou pour participer à des opportunités de formation et d’échanges.
La CMA-BF propose également plusieurs services aux artisans, notamment la formation et le perfectionnement, l’accompagnement à la participation aux foires et salons, l’appui-conseil ainsi que l’accompagnement dans l’accès à la commande publique.
Les participants ont aussi été informés de la distinction entre la carte professionnelle d’artisan et la carte destinée aux entreprises artisanales. La première concerne notamment l’artisan individuel qui exerce son métier sans avoir encore formalisé une entreprise, tandis que les entreprises artisanales disposent d’un dossier comprenant notamment le RCCM, l’IFU et d’autres pièces administratives. Les conditions et les frais de délivrance sont précisés par la CMA-BF.

La question de la protection sociale et de l’assurance accident a également été abordée. La CMA-BF présente notamment trois options d’assurance individuelle accident, avec des cotisations annuelles de 4 500, 9 000 et 15 000 francs CFA et des niveaux de couverture différents pour les frais médicaux et l’invalidité permanente totale.
Pour les intervenants, la carte professionnelle représente aussi un moyen de mieux positionner les artisans dans l’accès aux opportunités économiques. Les échanges ont notamment évoqué les efforts engagés autour de la commande publique et la nécessité de renforcer la reconnaissance juridique et professionnelle de la carte.
« La carte professionnelle, c’est normal, vous devez être fier d’elle », a insisté l’un des intervenants, estimant que cette reconnaissance doit être perçue comme un outil de valorisation du métier plutôt que comme une simple formalité administrative.

Le promoteur de Photos’ORBF, le camarade Dieudonné T Ouoba partagé au cours de la rencontre est venu illustrer cette importance. Un participant a raconté qu’au cours d’un déplacement à Lomé, au Togo, il avait été amené à présenter ses documents professionnels pour justifier son activité de photographe. Sa carte professionnelle avait alors contribué à faciliter l’identification de son métier.
À travers ce panel, Photos’OR BF 2026 ne s’est donc pas limité à la pratique photographique. L’initiative a également ouvert un espace de dialogue sur la professionnalisation, la formalisation, la formation et l’accès aux opportunités pour les acteurs des métiers créatifs.
La rencontre aura surtout permis aux participants de comprendre que la photographie et l’audiovisuel s’inscrivent pleinement dans le champ de l’artisanat et que leur professionnalisation passe aussi par une meilleure connaissance des structures d’accompagnement et des outils de reconnaissance existants.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture Du Faso



