Le vernissage de l’exposition « Fragments de Lumière » du photographe burkinabè Boureima Passéré s’est tenu ce jeudi 9 avril 2026 à la Galerie Danielle Burbeau de l’Espace Culturel Gambidi, dans le quartier Dassasgho, réunissant acteurs culturels, autorités et passionnés d’art autour d’une œuvre immersive dédiée au spectacle vivant.

La scène artistique burkinabè s’enrichit d’un nouveau rendez-vous culturel avec cette exposition portée par un regard singulier. À travers « Fragments de Lumière », Boureima Passéré invite le public à explorer un univers visuel où la lumière devient un véritable langage, révélant des instants de vie empreints d’émotions et de profondeur.

À travers cette première exposition personnelle, l’artiste franchit un cap décisif. Longtemps perçu comme un photographe de terrain chargé de couvrir les événements culturels, il se révèle ici comme un créateur à part entière, capable de capter l’âme du spectacle vivant.

Organisée par l’Espace Culturel Gambidi, l’exposition met en avant une série de clichés soigneusement sélectionnés, illustrant une écriture visuelle sensible et maîtrisée. Au total, ce sont 24 œuvres qui sont présentées au public, chacune traduisant une immersion profonde dans l’univers de la scène. Chaque photographie apparaît comme un fragment d’histoire, où les jeux d’ombres et de lumière traduisent une esthétique à la fois sobre et expressive.

Dès l’ouverture du vernissage, les curateurs ont donné le ton. « Nous sommes tous heureux ce soir de vous accueillir pour vous présenter le talent qu’il est », a déclaré Kira Claude Guingané, curateur de l’exposition et directeur de l’Espace Culturel Gambidi. À ses côtés, Alexandre Méda a contribué à repositionner l’artiste dans une dimension plus artistique. « Nous avons vu dans son travail plus que le rôle de couvrir un événement », a-t-il insisté, évoquant une révélation née lors du FITMO.

L’exposition propose ainsi une immersion dans la photographie de scène, un domaine encore peu exploré au Burkina Faso. Il s’agit d’ailleurs d’une première au Burkina Faso de consacrer une exposition exclusivement à la photographie de scène, marquant une avancée significative dans la reconnaissance de cette discipline. « L’exposition ne propose pas seulement des images, elle livre des morceaux de temps arrachés à l’éphémère de la scène », soulignent les commissaires.

Revenant sur sa démarche, Boureima Passéré explique : « Fragments de lumière, ça décrit un peu la scène… il faut jouer avec la lumière ». Fruit d’un travail de longue haleine, il précise : « L’exposition m’a pris au moins trois ans de recherche, depuis 2023 jusqu’en 2026 ».

Présent à la cérémonie, le représentant du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a salué cette initiative. « Je tiens à féliciter et encourager l’artiste… ce n’est que le début d’une longue et riche carrière », a déclaré Paul Amidou Bamogo, chargé de mission et représentant du ministre.

Au-delà de l’exposition, le parcours de Boureima Passéré témoigne d’un engagement profond pour la valorisation culturelle. Journaliste culturel et photographe, il découvre sa passion en 2013 à la suite d’un exil qui le conduit à travers plusieurs pays. De cette expérience naît une volonté forte : promouvoir l’image du Burkina Faso à travers la photographie.

Formé aux côtés du réalisateur Yves Edgar, il affine sa technique avant d’acquérir son premier appareil professionnel en 2020. Sa participation au FITMO en 2021 marque un tournant décisif, l’orientant vers la photographie de scène, un domaine dans lequel il s’impose progressivement.

Aujourd’hui, il collabore avec plusieurs institutions culturelles majeures, dont l’Espace Culturel Gambidi, Les Récréâtrales ou encore la Semaine Nationale de la Culture. À travers son objectif, il capte l’intensité des performances et immortalise les expressions du spectacle vivant burkinabè.

Du côté du public, l’impact est réel. « Ce sont des photos expressives qui nous interpellent sur tous les plans », témoigne Kanzemou Pascaline, étudiante en arts de la scène.

À noter également que les œuvres sont mises en vente durant toute la période de l’exposition, faisant de « Fragments de Lumière » une exposition-vente ouverte aux amateurs et collectionneurs d’art.

Ouverte jusqu’au 31 avril, l’exposition « Fragments de Lumière » s’impose comme une célébration de la photographie contemporaine au Burkina Faso, portée par un artiste dont le regard transforme l’instant en mémoire.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





