Le premier Forum burkinabè des industries culturelles et créatives (FOBICC) a ouvert ses travaux le 14 novembre 2025 à Ouagadougou. Placé sous le thème : « Structuration, financement et valorisation des ICC pour un développement durable au Burkina Faso », l’événement rassemble décideurs publics, acteurs culturels, universitaires et partenaires techniques autour d’un objectif majeur : renforcer la structuration d’un secteur créatif en pleine mutation.

Organisé par la Plateforme Culturelle du Burkina, le forum réunit cinq grands festivals : Jazz à Ouaga, le FITMO, Ouaga Festival, les Nuits Atypiques de Koudougou et Mouhoun Festival, un ensemble d’acteurs unis pour impulser une nouvelle dynamique au secteur culturel burkinabè. Le FOBICC se présente comme un espace de dialogue, de coopération et d’action destiné à analyser l’état des ICC, partager les expériences, proposer des modèles de gouvernance viables et stimuler la coopération nationale et internationale.

Premier intervenant de la séance d’ouverture, Daniel Bayala, chef de service de la formalisation et de l’appui à l’entrepreneuriat à la Direction générale de la culture et des arts et paneliste, a insisté sur l’urgence de professionnaliser davantage les acteurs culturels. Il a salué l’initiative, rappelant que le secteur culturel ne peut être porté uniquement par les services publics et que les acteurs de terrain doivent faire remonter leurs problématiques pour un meilleur accompagnement.

Le Conseiller technique du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Dr Idrissa Zorom, a ensuite salué l’initiative. Il a souligné que le Forum s’inscrit dans la volonté du gouvernement de soutenir toutes les actions visant à développer les industries culturelles et créatives à travers l’échange, le débat et la réflexion collective. Pour lui, la diversité des participants acteurs privés, associations, universitaires et services techniques est essentielle pour nourrir une réflexion inclusive et produire des recommandations pertinentes pour le ministère.

Claude Kira Guingané, président de la Plateforme Culturelle du Burkina Faso (PCBF), a présenté les objectifs du Forum. La PCBF regroupe cinq organisations et festivals majeurs, dont Jazz à Ouaga, FITMO, Waga Festival, les Nuits Atypiques de Koudougou et le Festival d’humour de l’ABCD. Selon lui, le Forum vise à combler le manque d’espaces de réflexion autour des problématiques culturelles et à contribuer à la structuration du secteur, estimant que les acteurs doivent participer activement à la définition des priorités. « Beaucoup pensent que c’est à l’autorité publique seule de réfléchir au développement du secteur. Or, les acteurs de terrain doivent également faire remonter les problématiques pour qu’elles soient prises en compte », a-t-il souligné.

Les travaux se déroulent autour d’une communication introductive intitulée « Situation des politiques et mesures sur les ICC : besoins, problèmes et perspectives », présentée par Daniel Bayala et modérée par Youssef Ouédraogo, ainsi que quatre panels thématiques élaborés autour de deux sous-thèmes. Le premier, « Vision, structuration et coopération », traite du renforcement des compétences, de la mise en marché des œuvres et des dispositifs d’accompagnement technique et financier. Le second, « Innovation, inclusion et avenir des ICC », interroge la contribution des industries culturelles à la cohésion sociale, à la démocratisation culturelle et à la renaissance africaine, ainsi que les mécanismes de distribution et de diffusion.

Le forum rassemble une diversité d’acteurs : artistes, entrepreneurs culturels, producteurs, gestionnaires, institutions publiques, partenaires techniques et financiers, secteur privé, universitaires, étudiants, médias et membres de la diaspora culturelle burkinabè. Cette pluralité constitue un véritable atout pour enrichir les échanges et construire des solutions adaptées aux réalités du pays.
Les organisateurs espèrent que cette première édition donnera naissance à des propositions innovantes, jamais expérimentées jusqu’ici, pour structurer durablement le secteur culturel burkinabè. Le Forum se veut un cadre contributif et pérenne, avec l’ambition de se tenir chaque année.

Le Forum se poursuit jusqu’au 15 novembre avec plusieurs panels et ateliers dédiés à la structuration, au financement, à la circulation des œuvres, à la formation, ainsi qu’à la mise en place d’un environnement favorable au développement du secteur créatif au Burkina Faso.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





