Dans le cadre de la 18ᵉ édition du programme Engagement Féminin, une table ronde s’est tenue ce samedi 25 juillet 2026 au siège de l’Association Artistique Développement (Art’Dev), à Gounghin, à Ouagadougou. Placée sous le thème « Carrière artistique : enjeux, défis et solutions pour la femme chorégraphe africaine », cette rencontre a réuni chercheurs, artistes, chorégraphes et professionnelles de la danse afin d’échanger sur les défis, les opportunités et les perspectives de la carrière des femmes dans les arts de la scène en Afrique.

Animée sous la forme d’un panel, la rencontre a réuni le Directeur général de l’ENAM, le camarade Dr Jacob Y. Yarabatioula, la chorégraphe burkinabè, la camarade Salamata Kobré, la comédienne et metteuse en scène, la camarade Odile Sankara, ainsi que la chorégraphe togolaise, la camarade Germaine Sikota. Les échanges ont permis d’aborder les enjeux culturels, sociaux, économiques et institutionnels liés à la carrière des femmes chorégraphes africaines.

Dans son intervention, le camarade Dr Jacob Y. Yarabatioula a souligné que la carrière d’une femme chorégraphe est avant tout une carrière d’engagement, marquée par la détermination et la résilience.
« La carrière artistique des femmes chorégraphes n’est pas une carrière normale donnée comme cela, c’est une carrière qui s’arrache, c’est une carrière qui se prend et non pas qui se donne. »

Selon lui, la danse constitue un puissant moyen d’expression qui permet aux femmes de transmettre des messages, de préserver le patrimoine culturel et de contribuer à la cohésion sociale. Il a également relevé que les pesanteurs socioculturelles, l’insuffisance des politiques publiques et les difficultés économiques demeurent des obstacles importants à leur pleine professionnalisation.

Prenant la parole, la camarade Odile Sankara a insisté sur la singularité du métier de danseuse, dont le corps est le principal outil d’expression artistique.
« Le corps est l’outil, voire l’élément le plus sacré que la femme puisse avoir. Le mettre publiquement au-devant de la scène reste un défi dans nos sociétés. »

Pour la comédienne et metteuse en scène, les défis rencontrés par les femmes sont également liés aux représentations sociales et à l’éducation. Elle a invité les participantes à assumer pleinement leur identité d’artistes.
« Si elle se regarde comme une artiste, elle restera une artiste. Si elle se regarde comme une citoyenne qui apporte sa pierre à la société, elle sera une citoyenne. »
Avant d’ajouter :
« La femme peut choisir n’importe quel métier et le faire avec beaucoup de dignité. »

Pour sa part, la camarade Germaine Sikota a insisté sur la nécessité pour les danseuses de penser leur carrière comme un véritable projet professionnel. Elle a encouragé les participantes à développer le réseautage, à diversifier leurs activités, à mieux connaître leurs droits et à renforcer leur autonomie économique.
« Aujourd’hui, il est plus important de penser business. Si on veut juste danser parce que c’est notre passion, on va galérer. »
Elle a également invité les femmes artistes à travailler ensemble, à bâtir des projets collectifs et à faire du réseautage un véritable levier de développement professionnel.

À l’issue des échanges, la danseuse-interprète togolaise, la camarade Victoire Déboué, participante à cette 18ᵉ édition d’Engagement Féminin, a salué la qualité des communications et des conseils prodigués aux participantes.
« Il ne faut pas seulement être danseuse. Il faut aussi développer des projets et des activités qui permettent de vivre de son métier. »

À travers cette table ronde, le programme Engagement Féminin réaffirme son engagement en faveur de la formation, de la professionnalisation et de la valorisation des femmes chorégraphes africaines, tout en favorisant les échanges d’expériences et le renforcement des réseaux entre les actrices des arts de la scène.
Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso



