En prélude au Festival des Arts du Sahel et de sa Diaspora (FESADI), prévu pour mai 2026, un café-débat a réuni panafricanistes, étudiants et adeptes du mouvement kémit. Animée par la sociologue martiniquaise Dr Smeralda Juliette, la rencontre a porté sur la souveraineté africaine, le développement endogène et le changement de mentalités. C’était ce mercredi 3 décembre 2025, au Mémorial Thomas Sankara, dans l’enceinte du restaurant Kémit à Ouagadougou.

Le Festival des Arts du Sahel et de sa Diaspora (FESADI) annonce déjà ses couleurs pour l’édition de mai 2026. Dans cette dynamique, les organisateurs ont initié un café-débat autour de thématiques d’actualité liées aux aspirations profondes des Africains, en particulier des peuples du Sahel.
Souveraineté africaine, retour aux sources, promotion des valeurs culturelles, développement endogène et émancipation intellectuelle : autant de sujets abordés par la sociologue, chercheure et essayiste Dr Smeralda Juliette face à une jeunesse venue nombreuse pour écouter et échanger.

Pour Harouna Dabré, alias Dabross, la jeunesse reste au cœur de cette initiative :
« Notre chargée de la commission scientifique est au Burkina Faso, et nous avons profité de l’occasion pour initier une conférence afin d’éclairer la lanterne des jeunes sur des questions existentielles qui minent le quotidien des peuples africains. Durant le festival, il sera question d’échanger sur les enjeux économiques, politiques et culturels qui jalonnent nos États et la diaspora. Une de nos missions sera également de valoriser notre couleur de peau et les atouts dont disposent les peuples africains. In fine, nous voulons accompagner de façon solennelle la dynamique engagée par l’Alliance des États du Sahel (AES) », a-t-il confié.

Sans détour, Dr Smeralda Juliette a dressé un tableau sans complaisance des réalités que vivent les peuples africains. Selon elle, le continent est marginalisé, pillé de ses ressources et constamment dénigré par des puissances dites « développées ».
Face à cette situation, elle appelle à une reconnection profonde aux valeurs africaines :
« On ne pourra pas se développer sans se définir mentalement et spirituellement. Il faudrait que nous puissions faire ce diagnostic afin de dégager des mécanismes capables de nous sortir de l’impasse. L’Afrique est vue comme un marché par les impérialistes : ils viennent chez nous prendre ce qu’ils veulent et repartent chez eux avec nos ressources », s’est-elle indignée.

Malgré ce constat préoccupant, Dr Smeralda s’est réjouie de la prise de conscience croissante des peuples africains, notamment ceux du Sahel, qu’elle estime engagés sur la voie d’une véritable indépendance.
La cérémonie a pris fin par la remise d’un étalon en bronze à Dr Smeralda Juliette, en guise de reconnaissance de la part du comité d’organisation.
Crépin OUEDRAOGO (Collaborateur)





