Dans une volonté de moderniser et de valoriser son organisation territoriale, le Burkina Faso a procédé à un vaste redécoupage administratif à travers deux décrets présidentiels récents. Ce réajustement ne se limite pas à des modifications techniques : il s’accompagne de nouvelles dénominations, mettant en lumière l’histoire, la culture et les particularités locales des provinces et régions du pays.

Des provinces au nom du patrimoine et de l’histoire
Certaines provinces voient leur appellation évoluer pour refléter leur identité culturelle :
La province de la Kossi devient Koosin (Koose)
La province de l’Oubritenga est désormais Bassitenga (Basytěnga)
La province du Sanmatenga change pour Sandbondtenga (Sandböndtēnga)
La province du Soum devient Djelgodji (Jelgooji)
La province de la Tapoa prend le nom de Gobnangou (Göbnāngu)
Ces nouvelles désignations puisent dans les langues locales et témoignent d’un retour aux racines, renforçant le lien entre les habitants et leur territoire.

Les régions s’ouvrent à la culture et à la mémoire
À l’échelle des régions, les changements sont tout aussi significatifs :
La Boucle du Mouhoun devient Bankui (Bänkui)
Les Cascades se transforment en Tannounyan (Tanunya)
Le Centre devient Kadiogo (Kaadioogo)
Le Centre-Est est rebaptisé Nakambé (Nakabe)
Le Centre-Nord devient Koulsé (Kulse)
Et ainsi de suite pour toutes les régions existantes
Ces nouvelles dénominations reflètent non seulement l’histoire et la géographie locale, mais également la diversité culturelle du Burkina Faso, en donnant une identité propre à chaque circonscription.
Création de nouvelles provinces et régions
Le redécoupage s’accompagne aussi de la création de nouvelles entités :
Provinces : Dyamongou (Jàmóangu) et Karo Peli (Kaaropeli)
Régions : Sirba (Sírbà), Soum (Suum), Sourou (Suru) et Tapoa (Tààpúà)
Ces créations visent à améliorer la gestion administrative tout en respectant la cohésion territoriale et culturelle.

Ajustements territoriaux et gouvernance locale
Certaines provinces voient leurs limites ajustées pour une meilleure administration :
La province du Gobnangou (chef-lieu : Diapaga) regroupe les communes de Diapaga, Logobou, Namounou, Partiaga et Tansarga
La province du Djelgodji (chef-lieu : Djibo) comprend Baraboulé, Diguel, Djibo, Kelbo, Nassoumbou et Pobé-Mengao
Ces mesures traduisent un souci d’efficacité administrative, tout en consolidant l’ancrage culturel des territoires.
Avec cette réforme, le Burkina Faso combine modernité administrative et valorisation culturelle, rappelant que chaque nom, chaque région et chaque province porte une histoire et un patrimoine uniques. Un véritable hommage aux racines et à la richesse des langues locales.
Source : Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation
Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





