Peuple pastoral et nomade par excellence, les Peuls tout comme les Touaregs ont façonné un mode de vie adapté à leurs déplacements et à leur environnement. Leur habitat, à la fois simple et ingénieux, témoigne d’un savoir-faire ancestral alliant légèreté, mobilité et fonctionnalité.

Un habitat façonné par le nomadisme
Leur concession traditionnelle, souvent appelée bella, peulh ou touareg, est composée de plusieurs cases rondes mesurant de 3 à 6 mètres de diamètre, disposées autour d’un espace central non clôturé. Les enclos pour les animaux sont volontairement situés à distance des habitations, reflétant l’importance de l’élevage dans leur mode de vie.
L’habitation peule typique est construite à partir de matériaux entièrement naturels : des branches, des nattes, du secco (paille tressée) pour les murs, et des feuilles d’arbres ou de la paille pour la toiture. Leur forme en dôme, appelée bukkaru ou suudu hudo littéralement « maison d’herbe » est pensée pour répondre aux contraintes climatiques et au besoin de mobilité.

Une architecture pensée pour la mobilité
Pendant la saison sèche, les murs sont constitués de nattes de roseau fixées sur des poteaux de bois, souvent soutenus par des tiges de mil. En saison des pluies, ces structures peuvent être démontées rapidement pour être transportées sur le dos d’ânes, de chevaux ou de chameaux vers de nouvelles zones de pâturage. Une fois sur place, elles sont remontées en un temps record.
L’intérieur est organisé avec soin : un espace réservé au couchage et un autre destiné au rangement. Les calebasses, pots et ustensiles sont classés par taille et usage, tandis que des cuillères en gourde pendent au plafond. Certains récipients servent exclusivement à la conservation des grains, témoignant d’une organisation domestique précise et pratique.

Des traditions qui évoluent
Avec l’évolution des modes de vie et la sédentarisation progressive, de nombreux Peuls adoptent désormais des maisons en terre battue ou en blocs de béton. Ces Peuls sédentaires vivent dans des quartiers appelés Wuro, où les maisons, bien que plus durables, conservent parfois la forme ronde traditionnelle, nommée Suudu.
Ainsi, l’habitat peul oscille aujourd’hui entre tradition et modernité, reflet d’une adaptation constante aux réalités climatiques, économiques et culturelles. Ce patrimoine architectural, bien qu’évolutif, reste un marqueur fort de l’identité peule et de son lien profond avec la nature.
Sources : ONTB, Maison-Monde, Burkina Tourisme
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





