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À la découverte des fourneaux de Kindibo : trésors métallurgiques millénaires du Burkina Faso

Dans le paysage culturel et historique du Burkina Faso, les hauts fourneaux de Kindibo, situés dans la province du Zondoma, se distinguent comme un symbole éclatant de l’ingéniosité ancienne. Témoins silencieux d’un savoir-faire métallurgique remontant à plus de deux millénaires, ces structures impressionnantes sont aujourd’hui classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

À l’ouest de la cour du chef de Kindibo se dressent trois majestueux hauts fourneaux, appelés boanga en mooré. Ces imposantes structures en terre cuite, d’environ 4 mètres de haut pour une circonférence de 4,6 mètres, émergent au cœur d’un champ de mil, entourées de scories qui témoignent encore de leur intense activité passée. Ces résidus de fusion sont autant d’indices d’un ancien centre métallurgique où le minerai de fer était réduit et transformé en outils, armes ou objets rituels.

Les habitants de Kindibo rapportent que ces fourneaux furent utilisés par leurs ancêtres, selon des techniques ancestrales transmises oralement de génération en génération. Ils ne sont pas seulement des vestiges archéologiques : ils incarnent une mémoire vivante de la maîtrise du feu et du métal par les sociétés traditionnelles d’Afrique de l’Ouest.

Les fourneaux de Kindibo font partie d’un ensemble exceptionnel de cinq sites répartis sur le territoire burkinabè, aux côtés de ceux de Tiwêga, Yamané, Douroula et Békuy. L’ensemble est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis le 5 juillet 2019, lors de la 43e session du Comité du patrimoine mondial tenue à Bakou, en Azerbaïdjan. Ce classement reconnaît l’importance scientifique, historique et culturelle de ces installations, qui datent pour certaines du 8e au 10e siècle avant Jésus-Christ.

Cette reconnaissance internationale fait des fourneaux de Kindibo l’un des symboles les plus éloquents de l’histoire technologique du Burkina Faso. Ils rappellent que bien avant la colonisation, les sociétés locales développaient déjà des techniques de transformation avancées et structuraient leur économie autour de la métallurgie.

À travers leur préservation, c’est toute une page de notre histoire que nous protégeons. Ces fourneaux ne sont pas seulement des ruines : ce sont des piliers de mémoire, des témoins d’une civilisation raffinée et d’une tradition métallurgique qui mérite d’être connue, transmise et célébrée.

Les hauts fourneaux de Kindibo ne sont pas de simples curiosités archéologiques figées dans le passé. Ils incarnent une histoire, une identité et un savoir-faire qui traversent les siècles. Leur préservation et leur mise en valeur ne relèvent pas uniquement d’un devoir de mémoire : elles constituent un acte de fierté nationale et un levier pour la transmission culturelle et le développement touristique. En redonnant vie à ces trésors métallurgiques, le Burkina Faso affirme haut et fort que son patrimoine n’est pas un héritage oublié, mais un socle vivant sur lequel bâtir l’avenir.

Parfait Fabrice SAWADOGO

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