Le Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA) de Ouagadougou a accueilli, ce jeudi 21 mai 2026, la cérémonie officielle d’ouverture de la première édition du Festival des Arts du Sahel et de sa Diaspora (FESADI).

Placée sous le thème de la reconnexion entre l’Afrique, les Amériques et la Caraïbe, cette rencontre culturelle et scientifique réunit artistes, chercheurs, intellectuels et militants panafricanistes venus de plusieurs horizons autour des questions de mémoire, d’identité et de renaissance culturelle africaine.

Le festival, organisé sous le slogan « Retour aux racines, un élan vers l’avenir », rend hommage aux traditions africaines et ambitionne de renforcer les liens entre les peuples africains et les communautés afro-descendantes.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs autorités administratives, coutumières et culturelles. Représentant le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, le chargé de mission Amidou Paul Bamogo a salué une initiative porteuse d’espoir pour le rapprochement entre l’Afrique et sa diaspora.
« Le FESADI est bien plus qu’un festival, il est un espace de mémoire, de reconnexion et d’affirmation identitaire », a-t-il déclaré.

Selon lui, le Burkina Faso entend faire de la culture un pilier essentiel de sa souveraineté et de son rayonnement international. « Votre présence au Burkina témoigne de la vitalité des liens historiques, culturels et spirituels qui unissent l’Afrique et sa diaspora », a soutenu le représentant du ministre.

Prenant la parole au nom du comité d’organisation, le président du festival, le Dr Yacouba Dabo, a expliqué que le FESADI est né d’une volonté de créer un cadre permanent d’échanges entre l’Afrique et les peuples afro-descendants.
« Il y a une volonté des Africains de la diaspora à se reconnecter à l’Afrique », a-t-il affirmé, ajoutant que cette initiative vise à favoriser les rencontres entre intellectuels, artistes et chercheurs autour d’une mémoire commune.

Le Dr Dabo a également présenté les différents axes du festival, notamment un volet mémoriel avec le projet de construction d’une stèle dédiée à l’abolition de l’esclavage, un volet scientifique consacré à l’histoire et aux recherches sur les diasporas africaines, ainsi qu’un important programme artistique.

Présidente du comité scientifique du festival, la sociologue martiniquaise Juliette Smeralda a insisté sur l’importance d’une reconnexion basée sur la connaissance historique et scientifique.
« Notre souci dans un premier temps a été de vouloir nous comprendre, nous connaître et entrer dans plus de détails sur l’histoire de l’esclavage et de la colonisation », a-t-elle expliqué.
Elle a souligné que le FESADI ambitionne de construire des relations solides entre le continent et sa diaspora à travers une meilleure compréhension des trajectoires historiques commune.

Au cours de cette cérémonie inaugurale, plusieurs délégations internationales ont été officiellement présentées au public. Des représentants de la Guinée, du Niger, du Cameroun, du Royaume-Uni, du Brésil, de la Jamaïque, du Suriname, de la Guyane, de la Guadeloupe et de la Martinique ont marqué leur présence à cette première édition du festival.

Le co-organisateur Kader Koulibaly a reconnu certaines difficultés liées à l’organisation de cette première expérience, notamment les contraintes sécuritaires et administratives rencontrées par certaines délégations.
« La participation aurait pu être plus massive, mais le contexte sécuritaire n’a pas permis d’étendre davantage », a-t-il confié.

Pendant plusieurs jours, conférences, panels scientifiques, prestations artistiques et rencontres culturelles rythmeront cette première édition du FESADI au CENASA, avec pour ambition de faire de Ouagadougou un carrefour de dialogue entre l’Afrique et ses diasporas.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso



