Ouagadougou a accueilli, ce 24 février 2026, la deuxième édition de la Journée nationale sur l’investissement d’impact (JNII), un rendez-vous qui s’impose progressivement comme un cadre stratégique pour repenser les mécanismes de financement du développement. Placée sous le patronage du ministère de l’Économie et des Finances, la cérémonie d’ouverture a été présidée par le chargé de mission représentant le ministre, marquant l’engagement des autorités publiques en faveur de solutions financières innovantes.

Après l’ouverture officielle, plusieurs intervenants ont partagé leur vision de l’investissement d’impact, une approche qui vise à concilier performance économique et bénéfices sociaux et environnementaux mesurables.
Présent à la rencontre, l’ambassadeur du Japon au Burkina Faso, Jun Nagashima, a salué l’initiative et insisté sur le rôle de la technologie dans la transformation des économies africaines. « Aujourd’hui, je suis très heureux de voir la mise en œuvre de cet impact. Cette technologie est essentielle pour développer la nation. Le Japon souhaite soutenir l’amélioration de la technologie au Burkina Faso », a-t-il déclaré, réaffirmant la disponibilité de son pays à accompagner les efforts de modernisation.

Élargissant la réflexion à l’échelle internationale, la représentante régionale Afrique de GSG Impact, Atieno Toglondo, a mis en lumière l’importance des plateformes nationales pour structurer les marchés de l’investissement à impact. « Nous avons engagé une conversation au Burkina Faso avec des partenaires locaux, notamment Néré Capital, qui a réuni des organisations du côté de l’offre de capital, de la demande de capital, des institutions travaillant avec le gouvernement et d’autres acteurs de marché, afin de définir une stratégie commune pour développer l’écosystème local », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité d’une approche coordonnée.
Selon elle, l’action de GSG Impact s’inscrit dans une dynamique globale visant à accompagner les pays dans la construction d’économies d’impact capables de catalyser les financements au service du développement durable.

Au niveau national, Job Zongo, président de Néré Capital, a mis l’accent sur la mobilisation des acteurs locaux et la création de synergies. « Nous nous réjouissons aujourd’hui de pouvoir réunir plusieurs acteurs de l’écosystème de l’investissement d’impact au Burkina, parmi lesquels des investisseurs, des régulateurs et des intermédiaires », a-t-il expliqué, soulignant la diversité des parties prenantes présentes.
Il a également précisé l’orientation stratégique des investissements envisagés. « L’objectif, c’est de mettre toutes ces forces en synergie afin que nos investissements soient dirigés vers des secteurs prioritaires qui apportent beaucoup de valeur ajoutée, d’impact social et d’impact environnemental », a-t-il affirmé.

Dans cette dynamique, la JNII ambitionne de favoriser l’émergence d’une plateforme nationale d’échanges sur l’investissement d’impact, avec une ouverture vers la sous-région ouest-africaine. Cette plateforme devrait faciliter la circulation de l’information, la coordination des initiatives et l’orientation des capitaux vers des projets à forte valeur sociale.

Avant le lancement des panels, une cartographie et une analyse de l’écosystème burkinabè de l’investissement d’impact ont été présentées par Honoré Kietyeta, consultant principal chez Innovative Finance for Africa. Cette étude a permis de dresser un état des lieux des acteurs, des opportunités et des défis à relever pour structurer durablement le secteur.

L’édition 2026 se distingue par un engouement croissant et par la volonté affirmée d’institutionnaliser l’initiative afin d’en faire un levier durable de développement. En réunissant décideurs publics, investisseurs, entrepreneurs et partenaires internationaux, la Journée nationale sur l’investissement d’impact confirme son rôle de catalyseur pour une économie plus inclusive, résiliente et tournée vers l’avenir.
Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel — Infos Culture Du Faso





