Le Cinéma numérique ambulant (CNA) a organisé, le 18 décembre 2025 à Ouagadougou, une soirée de présentation et de restitution de ses actions, réunissant partenaires institutionnels, acteurs culturels, organisations de la société civile et professionnels des médias. Cette rencontre s’est inscrite dans une dynamique de bilan, de partage d’expériences et de plaidoyer en faveur de la culture comme levier stratégique du développement social et communautaire.

Prenant la parole à l’ouverture de la cérémonie, le président du CNA Burkina et coordonnateur de CNA Afrique, Wend-Lassida Ouédraogo, a salué la mobilisation et l’engagement des partenaires qui accompagnent l’initiative depuis ses débuts. « Votre présence nombreuse et qualitative témoigne de l’intérêt que vous portez à la culture, à l’éducation et au développement communautaire », a-t-il déclaré, avant d’exprimer sa reconnaissance aux institutions publiques, aux organisations de la société civile, aux représentations diplomatiques et aux médias.

Créé en 2001 au Bénin, le Cinéma numérique ambulant s’est progressivement étendu au Niger, au Mali puis au Burkina Faso. Aujourd’hui, le réseau est actif dans une dizaine de pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, notamment au Cameroun, en Centrafrique et en République démocratique du Congo. Une expansion qui illustre la pertinence d’un modèle fondé sur la proximité et l’accessibilité culturelle.

Pour Wend-Lassida Ouédraogo, le CNA ne se limite pas à la projection de films. « Le Cinéma Numérique Ambulant n’est pas seulement un écran et un projecteur. Il est avant tout un outil d’éducation populaire, de sensibilisation et de dialogue social », a-t-il souligné. Depuis plusieurs années, le CNA Burkina sillonne les quartiers urbains, les villages et les écoles pour porter le cinéma là où il est rarement accessible, voire totalement absent.

Les projections itinérantes du CNA abordent des thématiques essentielles pour les communautés. Santé publique, droits sexuels et reproductifs, lutte contre les infections et maladies sexuellement transmissibles, civisme, citoyenneté, cohésion sociale, paix, vivre-ensemble, protection de l’environnement ou encore lutte contre le mariage des enfants figurent parmi les sujets régulièrement traités. « Le cinéma devient ainsi un langage universel, capable de toucher les cœurs, de susciter la réflexion et d’ouvrir le débat, même là où les mots peinent parfois à passer », a expliqué le coordonnateur de CNA Afrique.

La soirée-bilan a également permis de mettre en lumière les acquis engrangés au fil des années. Des témoignages d’acteurs culturels et de partenaires ont illustré l’impact concret des actions du CNA sur le terrain, notamment en matière de sensibilisation, de changement de comportements et de renforcement du lien social. Ces échanges ont aussi mis en évidence les défis persistants, parmi lesquels figurent l’insécurité, les contraintes logistiques et les besoins en financement pour assurer une couverture territoriale plus large.

Dans un contexte national marqué par de nombreux défis sociaux et sécuritaires, les responsables du CNA réaffirment leur conviction que la culture, et particulièrement le cinéma, joue un rôle fondamental dans l’éducation des jeunes, la consolidation de la cohésion sociale et la construction d’une société plus consciente, solidaire et résiliente. « Ce combat, nous ne pouvons pas le mener seuls », a rappelé Wend-Lassida Ouédraogo, appelant à l’implication concertée des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, des collectivités territoriales, du secteur privé et des citoyens engagés.

En déclarant officiellement ouverte la soirée, le président du CNA Burkina a exprimé le souhait que cette rencontre soit un point de départ pour de nouvelles synergies et opportunités de collaboration, au service des communautés accompagnées par le Cinéma numérique ambulant.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste culturel – Infos Culture du Faso





