La capitale burkinabè a accueilli, les 14 et 15 novembre, la première édition du Forum burkinabè des industries culturelles et créatives (FOBICC). Pendant deux jours, les acteurs culturels, institutions, professionnels, jeunes créateurs et experts se sont réunis pour analyser les défis structurels du secteur et formuler des recommandations susceptibles de renforcer durablement les industries culturelles et créatives (ICC) au Burkina Faso.

Organisé par la Plateforme Culturelle du Burkina Faso (PCBF), ce forum a réuni des voix diverses autour de thématiques majeures : professionnalisation des métiers culturels, financement, structuration des organisations, réseautage et perspectives de développement. Le FOBICC s’est ainsi positionné comme un véritable laboratoire d’idées pour mieux comprendre les enjeux actuels et proposer des solutions concrètes.

Parmi les contributions importantes, le manager d’artistes Bama Hervé a souligné l’urgence de la formalisation du secteur. Pour lui, les acteurs culturels doivent impérativement se structurer auprès de la Chambre de commerce ou de la Maison de l’entreprise afin d’acquérir une reconnaissance professionnelle. Il rappelle que la méconnaissance des opportunités et l’absence de réseau figurent parmi les obstacles majeurs qui freinent l’évolution des créateurs burkinabè. Le réseautage, a-t-il insisté, n’est pas du copinage, mais un outil indispensable pour progresser dans les ICC.

Le fondateur du Waga Festival, Ali Diallo, également membre de la Plateforme Culturelle du Burkina et communicateur du FOBICC, a estimé que cette rencontre était plus que nécessaire. Avec plus de trente ans d’expérience, il affirme que le forum a été conçu pour permettre aux jeunes de rencontrer des professionnels, de poser leurs questions et de découvrir des outils essentiels pour bâtir leur carrière. Revenant sur son intervention dédiée à l’exportation de la musique, il rappelle que la qualité d’une œuvre ne suffit pas : sans réseau, local et international, il devient très difficile de la vendre ou de la promouvoir efficacement. Pour lui, le bilan de ces deux jours est largement positif et ouvre des perspectives encourageantes.

Edwige Kiemtarembou, une comédienne, conteuse et metteure en scène, présente aux travaux, s’est également dite très enrichie par les échanges. Elle estime que ce forum a permis de mettre en lumière les préoccupations des acteurs culturels, et que leur prise en compte est indispensable pour renforcer les ICC au Burkina Faso. Selon elle, ces deux jours ont généré des idées concrètes tout en renforçant les liens entre les différents maillons de la chaîne culturelle, une dimension essentielle pour le développement du secteur.

Du côté des institutions publiques, le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, représenté par son conseiller technique, Dr Drissa Zorome, a salué la pertinence de l’initiative. Il a souligné que les recommandations issues du forum seront compilées dans un document destiné à orienter les réformes futures. Les axes prioritaires concernent la structuration du secteur, la mise en place de réseaux dynamiques, la diversification des partenariats (notamment avec la Chambre de commerce et la Maison de l’entreprise) et la réadaptation du Fonds de développement culturel afin qu’il devienne un véritable outil de politique publique.

Pour rappel, la Plateforme Culturelle du Burkina Faso, fondée en 2007, regroupe cinq organisations majeures : l’Espace Culturel Gambidi, Jazz à Ouaga, l’Association Benebnooma, l’Association Umané Culture et l’Association Benkadi pour la Culture et le Développement Durable. Depuis sa création, elle œuvre pour la structuration, la professionnalisation et la promotion des industries culturelles et créatives au Burkina Faso.

À l’issue de cette première édition, les participants repartent avec des connaissances renforcées, des perspectives élargies et de nouveaux outils pour améliorer leurs initiatives. Les organisateurs envisagent déjà d’élargir les thématiques lors de la prochaine édition, afin de mieux aborder les besoins spécifiques de chaque filière culturelle. Le FOBICC s’impose ainsi comme une plateforme incontournable pour repenser et dynamiser l’écosystème culturel national.
✍️ Parfait Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





