Le Festival International Panafricain de Nguékokh (FIPAN) célèbre cette année sa dixième édition sous le thème évocateur : « Le défi de l’essor industriel de l’Afrique ». Ouvert au Mémorial Thomas Sankara, l’événement se poursuivra jusqu’au 20 octobre, avec une clôture prévue au Musée National du Burkina.

Placée sous le signe de l’action, cette édition spéciale du FIPAN ne se limite pas aux échanges intellectuels. Elle se distingue par une contribution citoyenne à l’initiative présidentielle “FASO Mêbo”, démontrant l’engagement concret des acteurs culturels et artistiques dans la construction nationale.

« En tant que professionnels du cinéma et acteurs culturels, nous avons décidé de ne pas rester en marge de la construction de notre pays », explique Koussoubé Abdoul Salam, coordinateur artistique de l’incubateur cinématographique Ouaga Tout Court et responsable des activités intellectuelles, pédagogiques, artistiques et récréatives du FIPAN.
Selon lui, plus de 25 délégations africaines et de la diaspora ont répondu à l’appel pour participer à cette initiative panafricaine. Le programme s’annonce riche et diversifié : forums, panels, conférences publiques, ateliers-débats, arbre à palabres, visites industrielles et activités citoyennes.

Pour M. Koussoubé, le FIPAN 2025 marque une rupture avec la simple réflexion théorique. « L’innovation, c’est de passer de la théorie à la pratique révolutionnaire. Notre participation à FASO Mêbo est une contribution pragmatique. Le thème sur l’essor industriel ne peut être débattu sans une approche pratique et concrète », souligne-t-il.
Abordant la question du numérique, le coordinateur artistique rappelle que le digital et l’intelligence artificielle bouleversent les filières artistiques, notamment le cinéma. Il invite donc les créateurs africains à adapter leurs pratiques et à tirer profit de cette révolution technologique plutôt que de la subir.

Au-delà de l’art et de la culture, le FIPAN se veut une plateforme militante et un espace d’éveil des consciences africaines. « L’objectif du FIPAN, c’est de créer chaque année un cadre de réflexion pour réunir les militants panafricains autour des enjeux actuels de la libération de l’Afrique », rappelle M. Koussoubé.
Il invite également les peuples africains à soutenir les efforts des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) et à reconnaître « le travail remarquable mené dans un élan révolutionnaire et de transformation significative de nos sociétés ».

Présent au Burkina Faso pour le festival, Boubacar, représentant d’une délégation africaine, salue l’esprit panafricain du FIPAN : « C’est un esprit d’unité. Tous les peuples africains doivent passer de la parole à l’acte. Et au-delà de l’Afrique, nous devons aussi soutenir les peuples opprimés comme la Palestine. Notre devoir est d’apporter une contribution physique et morale partout où nous sommes », a-t-il affirmé.

De son côté, Ouédraogo Wendepanga Wilfred, responsable logistique du FIPAN, rappelle la portée symbolique de cette initiative : « Nous sommes là pour accompagner la vision du Président du Faso dans la construction du Burkina. Le FIPAN, c’est l’esprit panafricaniste. Plus de 25 pays sont représentés, unis pour bâtir ensemble notre continent. »
Il lance un appel à la jeunesse et à tous les « dignes fils de l’Afrique » à s’unir pour relever les défis du développement. « Main dans la main, nous sommes plus forts », conclut-il.

Le FIPAN 2025 s’impose comme un rendez-vous majeur du panafricanisme culturel et citoyen, combinant réflexion, action et solidarité. À travers ses multiples activités, le festival prouve que la culture demeure un levier essentiel pour bâtir une Afrique forte, consciente et tournée vers son essor industriel.
André Yaméogo (collaborateur)





