À l’approche de la répartition d’août 2025, le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA) a ouvert ses portes, le 13 août 2024, à une délégation de sociétaires issus de la Fédération nationale des professionnels des arts de la scène (FN/PRO-SCEN). Objectif : leur permettre de mieux comprendre le processus complexe de collecte et de redistribution des droits d’auteur.

Cette initiative, qui s’inscrit dans une démarche de transparence et de pédagogie, a conduit les visiteurs au cœur du fonctionnement de la Direction de la Documentation générale et de la répartition. Selon sa directrice, Delphine Somé/Zongo, l’immersion répondait à un besoin réel :
« Beaucoup de nos membres ne maîtrisent pas les mécanismes de répartition des droits. Cela génère parfois des plaintes, des accusations ou des frustrations. En leur ouvrant les portes de nos services, nous voulons leur montrer le travail concret qui est fait, et les sensibiliser à l’importance de déclarer correctement leurs œuvres », a-t-elle expliqué.
Une plongée dans le quotidien des services du BBDA
Au cours de la visite, les membres de la FN/PRO-SCEN ont parcouru plusieurs services stratégiques. Ils ont notamment découvert le service des adhésions et celui des déclarations d’œuvres, où les agents traitent chaque année des milliers de dossiers. Ces services sont confrontés à de nombreuses difficultés : fiches mal renseignées, déclarations incomplètes, cartes de membres non retirées s’entassant jusqu’à expiration… Autant de contraintes qui ralentissent la fluidité du travail.
Les participants ont ensuite visité le service de gestion du répertoire, où s’effectue l’archivage et la mise à jour des dossiers, avant de se rendre au pôle de saisie et au service de la répartition. Ils ont ainsi pu mesurer la complexité et la rigueur que requiert chaque étape de la chaîne de gestion collective.

Une prise de conscience saluée
Pour Dr Pingdwendé Issiaka Tiendrébeogo, maître de conférences à l’Université Joseph Ki-Zerbo et vice-président de la FN/PRO-SCEN, cette immersion a permis d’ouvrir les yeux sur la réalité du travail accompli par le BBDA :
« Nous avons vu de près les différentes étapes de la répartition et pris conscience de l’ampleur du travail fourni. À notre retour, nous allons sensibiliser nos membres afin qu’ils procèdent à leurs déclarations de manière rigoureuse. Il faut féliciter et encourager les agents qui, malgré les contraintes, abattent un travail considérable pour le bien des sociétaires », a-t-il confié.

Vers une meilleure collaboration
Au-delà de cette première visite, le BBDA entend poursuivre l’ouverture de ses services à d’autres faîtières et associations d’artistes. L’objectif est de bâtir une relation plus saine entre l’institution et ses membres, fondée sur la compréhension mutuelle et la responsabilité partagée.
Cette immersion aura donc servi de cadre d’apprentissage mais aussi de rapprochement, dans un contexte où la répartition des droits demeure souvent source d’incompréhension. En ouvrant ses coulisses, le BBDA fait un pas de plus vers la transparence et la valorisation du travail de ses agents, au service de la création artistique.
Source : Infos Sciences et Culture
Crédit photos : leFaso.net
✍️ Fabrice SAWADOGO
Journaliste Culturel – Infos Culture du Faso





